Au bout de mes souliers

Les Vieux Fourneaux - Tome 1. Ceux qui restent

16 Mars 2019, 15:44pm

Publié par Claire

Voici un véritable coup de cœur côté BD reçu dans le cadre de La BD fait son festival . J'étais ravie de recevoir le Tome 1 des Vieux Fourneaux : Ceux qui restent, album qui connaît un très grand succès et dont on entend de plus en plus parler, notamment avec son adaptation cinématographique. Je ne découvre cette série que maintenant... et avec grand plaisir puisque j'ai lu ce premier tome en une soirée !

 

© Lupano - Cauuet - Dargaud 2014

© Lupano - Cauuet - Dargaud 2014

Côté intrigue, nous sommes déjà dans l'originalité : trois amis septuagénaires se retrouvent à l'enterrement de Lucette, femme de l'un d'entre eux. Ces trois amis n'ont pas leur langue dans leur poche et sont toujours très dynamiques : Pierrot et ses grandes lunettes, qui prend un malin plaisir à saboter des soirée d'inauguration mondaines avec son mouvement « Ni yeux ni maître », Antoine, l'ancien syndicaliste et mari de Lucette, et le plus mystérieux Mimile et ses tatouages, qui a gardé une âme d'enfant .

Nous les suivons dans leur route jusqu'en Toscane, suite à la lecture d'une lettre de Lucette qui est une véritable révélation, en compagnie de Sophie, petite-fille de Lucette qui a choisi de reprendre son théâtre de marionnettes, au volant de la camionnette rouge estampillée « Le Loup en Slip ». Grâce à des voyages entre souvenirs et temps présent, nous nous attachons beaucoup à ce groupe d'amis truculents, dans des dialogues teintés d'humour. Mais derrière cet humour se cachent également un conflit entre générations et des interrogations sur notre société. J'ai beaucoup aimé ces personnages qui sont restés au fond d'eux-mêmes une bande de copains d'enfance et naviguer avec eux dans leur passé plein d'aventures surprenantes et touchantes. Une très jolie découverte... j'ai hâte de lire les autres tomes !

 

Les Vieux Fourneaux, Tome 1 : Ceux qui restent, Scénario : Wilfrid LUPANO, Dessin et couleurs : Paul CAUUET, Dargaud, 2014.

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Ar-Men, l'Enfer des Enfers d'Emmanuel Lepage

27 Mars 2018, 20:02pm

Publié par Claire

C'est d'un véritable coup de coeur dont je vous parle aujourd'hui. Et ce, dès que j'ai reçu la bande-dessinée Ar-Men, l'Enfer des Enfers d'Emmanuel Lepage, un magnifique livre dont la couverture nous plonge déjà dans l'univers d'un des phares les plus célèbres de la Bretagne.

Ar-Men - Emmanuel Lepage - © Futuropolis

Ar-Men - Emmanuel Lepage - © Futuropolis

Emmanuel Lepage nous raconte l'histoire passionnante de ce phare, celle de sa construction rendue nécessaire par des naufrages meurtriers dans la chaussée de Sein, mais aussi celle de ses gardiens jusqu'à son automatisation en 1990, entre vie quotidienne et tempête. Pour cela, il mélange l'histoire et la fiction tout en racontant quelques légendes bretonnes à lire pour frémir un soir de tempête justement... Ce sont ces histoires qui se superposent qui rendent la lecture passionnante : les premières études pour la construction du phare, les difficultés des ouvriers du cap Sizun pour l'ériger, la vie au bord du phare, les témoignages des gardiens...

Mais au-delà de cette juxtaposition réussie d'histoires, c'est le graphisme qui m'a littéralement étonnée et enchantée. Les images sont spectaculaires, on a réellement l'impression de se sentir seul, en danger, dans la peau des gardiens entre les vagues qui se brisent et de partager le quotidien des habitants du Cap Sizun pendant la construction de ce célèbre phare . J'ai eu envie ensuite d'en savoir plus, car cette BD insiste sur le caractère laborieux des travaux qui ont duré... 14 ans ! Les légendes aussi sont fascinantes, racontées avec une certaine poésie et donnent envie d'en savoir plus, comme celle de la cité engloutie d'Ys. C'est ce mélange d'histoires, réelles ou fictives, et ces dessins spectaculaires qui font de cette bande-dessinée une véritable réussite, tant d'univers refermés dans un livre que l'on finit avec beaucoup de regret !

Ar-Men, L'Enfer des Enfers - Emmanuel Lepage, Futuropolis, Novembre 2017

Livre reçu dans le cadre de La BD fait son festival avec Price Minister - Rakuten #1BLOG1BD
 

 

 

 

 

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Stomp aux Folies Bergère ou l'assurance de ressortir avec le sourire

13 Décembre 2017, 22:39pm

Publié par Claire

Quelle joie lorsque j'ai appris que Stomp était de retour à Paris ! Souvenez-vous, j'avais déjà été enchantée de leur spectacle il y a deux ans... Et si j'écris "spectacle", c'est bien qu'il y a une raison : concernant Stomp, c'est bien plus qu'un concert à écouter, c'est un véritable spectacle à regarder, avec plein de détails qui font la différence... Et en arrivant dans cette magnifique salle, la magie commence dès l'entrée !

Stomp aux Folies Bergère ou l'assurance de ressortir avec le sourire

Stomp, c'est une troupe de percussionnistes-danseurs-comédiens connaît un succès certain depuis sa création en... 1991 ! Sa grande originalité, c'est de trouver des ressources musicales dans des objets du quotidien: bidons, couvercles métalliques de poubelle, éviers, balais, boîtes d'allumettes, sacs en plastique... Ce qui est troublant et extraordinaire, c'est que ces musiciens arrivent à créer une véritable musique entraînante dans un spectacle joliment chorégraphié. Ils interagissent sans cesse avec le public, le faisant participer ou en créant une véritable complicité, notamment avec un personnage de "clown" qui apporte beaucoup au spectacle. Il y a plein de détails à observer grâce à une véritable mise en scène qui permet d'alterner entre humour et ... poésie, notamment lors d'un moment impressionnant où les musiciens créent une frise lumineuse et... musicale, forcément, à partir de simples briquets : le silence dans la salle est alors impressionnant, et ils le sont, impressionnants ! Les acclamations en fin de concert sont réellement méritées. Quelques chiffres pour vous rendre compte de ce phénomène: depuis sa création, Stomp a utilisé 50 000 boîtes d'allumettes, 30 000 balais (effectivement, j'en ai vu un se briser sur scène pour l'anecdote) et 10 000 baguettes de tambour !

Stomp, aux Folies Bergère jusqu'au 24 décembre 2017

32 rue Richer, 
De 20€ à 69,50€

Réservation ici


Merci aux Folies Bergère et Stomp pour l'invitation :)

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Le Jour d'avant de Sorj Chalandon : une lecture bouleversante

15 Novembre 2017, 20:00pm

Publié par Claire

Parfois, sans qu'on puisse vraiment l'expliquer, certaines lectures bouleversent plus que d'autres et emportent totalement leur lecteur. C'est le cas du dernier roman de Sorj Chalandon, Le Jour d'avant, qui m'a fait vivre une expérience assez étrange, un dilemme même : être partagée entre l'envie de continuer à le lire pour la beauté de l'écriture, et parce que je m'étais attachée aux personnages, et parfois l'envie de "respirer" un peu suite à des passages difficiles, laissant parfois le roman quelques jours de côté le temps, en quelque sorte, de "digérer" les émotions.

Mais revenons à l'histoire, une fiction très réaliste à partir d'un fait historique tout à fait réel : le 27 décembre 1974, un accident dans la fosse 3 bis de Saint-Amé (Liévin) provoque la mort de 42 mineurs, suite à un coup de grisou. Un accident qui, on le découvre au fil du roman, aurait pu être évité si certaines mesures de sécurité avaient été appliquées. Alternant entre deux périodes, 1974 et aujourd'hui, ce récit nous fait rentrer dans la peau de Michel Flavent, ayant perdu son grand frère Jojo qui travaillait dans cette mine contre l'avis de son père, agriculteur (il l'avait pourtant prévenu: "Tu sais quoi? disait mon père. Tu n'iras pas au charbon, tu iras au chagrin. Même si tu ne meurs pas. Même si tu survis à la poussière, aux galeries mal étayées, à la berline qui déraille, à la violence du marteau piqueur, à la passerelle glacée quand tu reviens un jour. Même si tu prends ta retraite sur tes deux jambes, tu ramèneras cette saloperie de charbon avec toi. Tu auras laissé du coeur au fond.") . Michel est obsédé par des mots écrits par la main de son père avant son suicide : "Venge-nous de la mine". Il collectionne tous les objets montrant le quotidien du mineur, a même une pièce secrète rien qu'à lui où il conserve les affaires de son frère, garde toutes les coupures de presse, et même sa femme Cécile n'y peut rien, la mine l'obsède, et ce dès leur premier rendez-vous. Cette vengeance et le souvenir de son frère, de leurs tours en mobylette, de leur passion commune pour la course automobile, hantent son existence jusqu'à la folie. Folie de plus en plus présente et exacerbée par la mort de sa femme et passionnante, que l'on découvre dans la seconde partie du roman que j'ai préférée et qui m'a tenue en haleine alors même que malgré la grande beauté de l'écriture, je commençais à trouver la première partie un peu répétitive dans l'évocation des souvenirs: j'ai été totalement surprise et j'ai absolument voulu savoir la suite, dévorant le reste du livre en une soirée.

Le Jour d'avant de Sorj Chalandon : une lecture bouleversante

Sorj Chalandon, en bon journaliste, a visiblement ici fait un travail de recherche remarquable et arrive vraiment à nous plonger dans l'univers de la mine et à nous faire vivre le quotidien du mineur. Un peu perdue dans les termes très spécifiques à la mine, j'ai même finalement moi-même cherché un glossaire pour être sûre de comprendre tous les mots et parce que ce roman a aiguisé ma curiosité. C'est ainsi que j'ai découvert le pain d'alouette, partagé par le mineur avec les enfants en rentrant chez lui, ce qui est bon signe puisqu'il est donc rentré vivant. Et c'est précisément cette plongée dans l'univers de la mine qui rend ce roman si intéressant et passionnant, au-delà du drame familial et judiciaire qui tient en haleine le lecteur.

 

Le Jour d'avant, Sorj Chalandon, Grasset, Août 2017, 20,90€.

J'ai reçu ce roman de la part de Price Minister (merci ! ) dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire . J'aime toujours participer à ces matchs car c'est toujours une belle découverte et les romans sont choisis avec beaucoup de soin. Retrouvez toutes les modalités de cette opération et les romans sélectionnés pour l'occasion ici. #MRL17 

 

Le Jour d'avant de Sorj Chalandon : une lecture bouleversante

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12 Hommes en colère au Théâtre Hébertot

2 Novembre 2017, 22:12pm

Publié par Claire

Le théâtre, cela peut servir à réfléchir, à débattre. Preuve en est faite avec la très belle pièce 12 Hommes en colère actuellement à l'affiche au Théâtre Hébertot, adaptation par Francis Lombrail d'une pièce de Reginald Rose, Twelve Angry Men écrite en 1953 (et adaptée au cinéma par Sidney Lumet en 1957) après sa propre expérience de juré.

12 Hommes en colère au Théâtre Hébertot

Dès le début de la pièce, douze hommes sont face à nous, nous prenant à témoin, figés, ce qui est très impressionnant. Ils sont tous très sérieux, dans des vêtements plutôt sombres et solennels. Ces douze hommes ne se connaissaient pas mais sont jurés et doivent décider de condamner ou non à mort un homme accusé d'avoir tué son père. Au début, seul un homme vote "non coupable", les onze autres votant coupable. Il explique pourquoi: peut-on, sans débattre, sans prendre le temps de réfléchir, condamner un homme à mort ? Et si...? Et si par exemple, il y avait le moindre doute? Evidemment, sa réaction ne plaît pas à tous, cette assemblée masculine est divisée, ceux qui le comprennent, sont prêts à se prendre au jeu, à débattre, à réexaminer la situation, ceux qui au contraire trouvent cela inutile puisque tout a été dit au procès.

Petit à petit, on se rend compte que finalement beaucoup ont voté à partir de préjugés, de situations personnelles. Les jurés s'interrogent, rejouent des scènes, des disputes éclatent inévitablement dans ce huis clos qui dévoile les profondeurs de la nature humaine. Le temps est compté, l'horloge blanche, seul véritable élément de lumière car l'orage tonne dehors, le rappelle bien. Il reste peu de temps pour convaincre les autres... et la tension monte malgré des petites parenthèses de rire bienvenues comme des respirations dans la gravité de la situation, grâce à un publicitaire qui change plusieurs fois d'avis et trouve d'improbables slogans, on se prend vraiment au jeu, on guette les "coupable", "non coupable", on compte les points... Car les acteurs semblent prisonniers de cette pièce grise (et les jurés le sont véritablement), face à nous, spectateurs, juges de leur questionnement, de leur cheminement. Ces douze hommes sont mal assis, sur un banc, qui est d'ailleurs en pente sur le côté, accentuant leur malaise et leur incertitude. Ils ne peuvent plus fuir, obligés de réfléchir et parfois de se confronter à leur propres émotions...

En sortant, cette pièce interroge beaucoup. Et c'est pour cela qu'elle est fantastique. Bien sûr, elle interroge sur la justice, sur la nature humaine aussi, sur des émotions, sur des personnalités, mais aussi, en filigrane, sur les différences sociales, rappelées par les jurés eux-mêmes, et les préjugés qui en découlent. Et repartir de la pièce avec un flot de questions en tête, repenser aux situations, aux personnages... n'est-ce pas le signe d'une vraie réussite ?

12 hommes en colère, au Théâtre Hébertot jusqu'au 7 janvier 2018

Une pièce de Reginald Rose
Adaptation française: Francis Lombrail
Mise en scène: Charles Tordjman
Avec: Jeoffrey Bourdenet – Antoine Courtray – Philippe Crubezy
Olivier Cruveiller – Adel Djemaï – Christian Drillaud
Claude Guedj – Roch Leibovici – Pierre Alain Leleu
Francis Lombrail – Pascal Ternisien – Bruno Wolkowitch
Assistante Mise en scène: Pauline Masson
Décor: Vincent Tordjman
Lumières: Christian Pinaud
Costumes: Cidalia Da Costa
Musiques: Vicnet

Du mardi au dimanche à 19h

Informations sur les tarifs, réservation ici

Et bande-annonce par-là

Merci au théâtre pour l'invitation :)

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Cirkopolis par le Cirque Eloize: un spectacle absolument extraordinaire

13 Octobre 2017, 20:53pm

Publié par Claire

Aujourd'hui je vais vous parler d'un spectacle qui m'a absolument enchantée et enthousiasmée: Cirkopolis par la troupe du Cirque Eloize, en ce moment au tout nouveau Théâtre du 13ème Art au sein du centre commercial Italie 2 (un très beau lieu, grand et aéré).

Cirkopolis par le Cirque Eloize: un spectacle absolument extraordinaire

Le Cirque Eloize est une troupe québécoise qui existe depuis plus de vingt ans. Leur spectacle Cirkopolis est inspiré du film Metropolis: un employé de bureau s'ennuie fermement, dans un décor sombre... jusqu'à l'irruption de la magie, de l'émerveillement dans une ville d'acier matérialisée par de somptueuses vidéoprojections. Cirkopolis, c'est un tout, une alchimie entre émerveillement, humour, et poésie mêlant danse, comédie, arts du cirque... Dans une mise en scène absolument dynamique où il y a toujours des détails à observer.

La mise en scène est très rythmée, finement travaillée et on passe son temps à s'émerveiller. Même la musique est choisie avec grand soin et ajoute encore à la beauté du spectacle. J'ai eu un gros coup de coeur pour le numéro du clown, si poétique, qui arrive à nous enchanter avec une simple robe suspendue à un cintre, pour la grâce de la danseuse sur la roue allemande ou marchant sur les mains tendues des hommes (oui, c'est possible ! ) et puis pour tant de moments dans le spectacle...

Vous l'aurez compris, ce spectacle est un véritable bijou. J'ai rarement été aussi désespérée que la fin d'un spectacle arrive si vite, comme un rêve qui s'interrompt. Mais pour prolonger la magie, les artistes viennent voir le public ensuite, ce qui permet de discuter avec eux... et de les remercier, tout simplement. Car ce spectacle, en nous transportant totalement dans l'émerveillement, transmet sa vitalité folle et permet de repartir avec un grand sourire, la tête dans les étoiles...



Cirkopolis, par la troupe du Cirque Eloize

A découvrir au Théâtre du 13ème Art jusqu'au 29 octobre 2017

Réservations par ici, bande-annonce par

Tarif: à partir de 32€

Et pour en savoir plus sur les coulisses du spectacle, les membres de la troupe, la mise en scène... Le site du Cirque Eloize est une mine d'informations!

 

Petit conseil gustatif: Le théâtre a la bonne idée de proposer des planches salées à partager avant le spectacle et le plateau de fromage est testé et plus qu'approuvé...

 

 

Merci beaucoup au Théâtre du 13ème Art pour les invitations :)

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Les Jumeaux Vénitiens au Théâtre Hébertot: un vrai régal !

10 Octobre 2017, 20:36pm

Publié par Claire

Il est des pièces dont on ne sort pas indemne, et assurément, Les Jumeaux Vénitiens en fait partie, tant j'ai été ébahie par le jeu des comédiens. J'avoue que je ne connaissais pas cette pièce de Goldoni (surnommé le "Molière italien"), mise en scène, traduite et adaptée par Jean-Louis Benoît. L'intrigue est simple mais permet pourtant un véritable comique de situation et un grand nombre de quiproquos: deux jumeaux, Zanetto et Tonino, sont séparés à leur naissance. Zanetto part vivre dans les montagnes: il est plutôt idiot, et bien plus peureux que son frère, Tonino, qui est parti vivre à Venise, plus intelligent et habile au combat. Tous les deux ont promis à une femme de se marier et c'est pour cette raison qu'ils se retrouvent à Venise... sans le savoir l'un et l'autre. Tout le monde s'y trompe ! 

Les Jumeaux Vénitiens au Théâtre Hébertot: un vrai régal !

Le texte est très drôle, bien sûr, mais sur le fond, interroge sur la question de la condition féminine mais aussi par une fin inattendue et teintée d'une certaine noirceur. Noirceur que l'on retrouve dans le personnage troublant et sombre de Pancrace, amoureux jaloux, manipulateur et inquiétant qui n'est pas sans rappeler Tartuffe et remarquablement joué par Olivier Sitruk tout de noir vêtu et méconnaissable avec son rouleau de cheveux et le maquillage. Tous les acteurs sont bouleversants dans une mise en scène très dynamique et efficace - seule la toute première scène m'a paru trop longuement "criée" alors qu'il y a déjà beaucoup de gestes, de personnages qui entrent, sortent... Dans ce décor travaillé, la mise en scène est pleine de trouvailles, de jeux de scène et les portes sont toujours mises à profit pour accentuer le comique de situation: derrière les portes des deux maisons, des mensonges, des quiproquos, des incompréhensions, quand une trappe au centre sert de refuge tantôt à Tonino, tantôt à Zanetto...

Mais bien sûr, parlons du personnage central, enfin des personnages centraux, les deux jumeaux joués par Maxime d'Aboville. Une véritable performance d'acteur ! Il a un plaisir certain à jouer Tonino, avec son accent montagnard, ses manières un peu grossières, son air idiot et son manque de courage pour manier l'épée. Je pense même aller revoir la pièce pour admirer à nouveau cette véritable leçon de théâtre! Mais attention, ne pas se fier aux apparences... Tonino, sous ses airs de parfait idiot, n'en est pas moins touchant mais... je ne vous en dis pas plus !

 

Les Jumeaux Vénitiens, au Théâtre Hébertot depuis le 14 septembre 2017

Bande-annonce ici

Une pièce de Carlo Goldoni

Adaptation et mise scène Jean-Louis Benoît

Avec Maxime d’Aboville – Olivier Sitruk – Victoire Bélézy 
Philippe Berodot – Adrien Gamba-Gontard – Benjamin Jungers
Thibault Lacroix – Agnès Pontier – Luc Tremblais
Margaux Van Den Plas

Décors Jean Haas
Lumières Joël Hourbeigt
Costumes Frédéric Olivier
Collaboration artistique Laurent Delvert

Du mardi au samedi à 21h
Samedi 16h30 et dimanche 16h00

De 12 à 60€ - tarif spécial -26 ans le mardi, le mercredi, le jeudi, voir renseignements sur le site du théâtre 

Réservation ici

Merci beaucoup au Théâtre Hébertot pour les invitations :)

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Découverte d'un nouvel album studio exclusif de Barbara: Lily Passion

24 Septembre 2017, 21:13pm

Publié par Claire

Lundi dernier avait lieu la présentation à la presse d'un album inédit de Barbara dans les très beaux Studios Saint-Germain: Lily Passion dans sa version studio. Un moment hors du temps, plein d'émotion. On s'asseoit, on écoute l'histoire pas comme les autres de ce CD, on ferme les yeux et on se délecte de cette voix si particulière, à la fois si assurée et si fragile, entre gravité et poésie. Mais on se régale aussi de l'orchestration particulièrement travaillée...

C'est que ce CD constitue un événement. L'enregistrement de Lily Passion était déjà disponible, oui, mais dans sa version concert (ce spectacle musical raconte l'histoire d'une chanteuse, Lily Passion, poursuivie par un assassin blond... Gérard Depardieu) . Mais il se disait qu'une version studio, datée de 1985, existait... Et grâce à un long travail de recherche, à l'occasion notamment de la sortie de l'intégrale de Barbara, des bandes masters ont été retrouvées (je ne connaissais pas ce terme) et on pu être remasterisées: en effet, les bandes multipistes étaient difficiles à écouter et elles ont été restaurées. Et pourquoi est-ce un événement? Tout d'abord, parce que cet enregistrement, réalisé dans le studio Artistic Palace, existait bien, mais surtout parce que l'instrumentation des chansons est différente, tout comme le texte. Parfois, les mots sont plus crus, les chansons sont plus graves encore qu'en version concert. 

Le CD sort le 6 octobre chez Universal (11 titres). Toutefois, si vous êtes trop impatients, vous pouvez en écouter un extrait à l'atmosphère plutôt jazzy ici...

 

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Un Chemin de Tables de Maylis de Kerangal

20 Juillet 2017, 12:52pm

Publié par Claire

J'aime beaucoup l'écriture de Maylis de Kerangal et quand j'ai vu ce court roman à la FNAC, Un Chemin de Tables, je n'ai pas pu résister malgré une couverture a priori pas très attirante, surtout pour un tel sujet où j'aurais plus imaginé quelque chose en rapport avec la gastronomie, mais cela est dû à la collection où chaque couverture comporte une couleur uniforme, une collection d'ailleurs passionnante. Avec toute la précision qui caractérise l'auteure, les longues et belles phrases, la description très fouillée des gestes d'un métier, cette fois-ci nous suivons le parcours de Mauro.

Mauro, c'est un cuisinier loin des vedettes mises en avant par les émissions culinaires, c'est quelqu'un de discret, qui se cherche, entre de brillantes études en économie et la cuisine qui prend de plus en plus de place dans sa vie, au point de passer un CAP ("Pas franchement la tête de l'emploi. [...] Rien de la générosité expansive des professionnels des métiers de bouche, ceux qui ont le sourire large et l'hospitalité aisée, ceux qui marient le plaisir goût et le goût de la parole - la tchatche calibrée des cabots, les oracles de poètes. Rien de leur présence autoritaire non plus de leur propension au coup de gueule, au coup de pression.") Sur son chemin, il a rencontré beaucoup de tables, d'abord la table familiale, primordiale, conviviale, puis la table de ses amis à qui il préparait de bons plats avec peu de moyens, puis les tables de restaurants, des bistrots ou des restaurants plus connus, jusqu'à monter sa propre affaire avec son père.

Ce court récit est inspiré de la vie d'un vrai cuisinier, mêlant réalité et fiction. Car on a vraiment l'impression de se faufiler dans la salle, d'assister à la mécanique de la préparation du repas, ce qui correspond bien à l'objectif de cette collection du Seuil, Raconter la vie ("Le travail raconté par ceux qui le vivent"). L'emploi du temps de Mauro est millimétré, laissant très peu de place au repos, aux loisirs, et à une vraie vie sentimentale, ce qui explique plusieurs abandons, les fourneaux le rappelant cependant toujours. Et c'est avec délice qu'on le suit dans ses nouvelles aventures, comme en Birmanie où nous aussi on aimerait être assis "sur de petits bancs" pour goûter "ces marmites de bouillons au curcuma, ces fritures de toutes sortes, ces légumes en saumure, ces riz parfumés à la coriandre, ces salades aux feuilles de tamarin, aux feuilles de thé, ces fruits éclatants"...

 

Un Chemin de Tables, Maylis de Kerangal, Seuil, Raconter la vie, 7.90€ (paru en Mars 2016)

Et pour découvrir d'autres métiers, vous pouvez consulter le site de la collection ici

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Le Jardin d'Alphonse au Théâtre Michel

20 Juin 2017, 15:30pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours j'ai retrouvé le Théâtre Michel dont j'apprécie particulièrement la programmation - je n'ai jamais été déçue - pour une pièce dont l'affiche m'avait particulièrement attirée: Le Jardin d'Alphonse. Et pour la première fois j'ai testé une place en premier rang de loge, eh bien je vous recommande, c'est très confortable - ainsi que le premier rang du balcon.

Le Jardin d'Alphonse au Théâtre Michel

Mais revenons à cette pièce qui est une véritable réussite. La famille Lemarchand se retrouve dans le jardin d'Alphonse qui vient de mourir. Mais lorsque Jean-Claude annonce à ses trois enfants qu'il veut leur léguer sa maison, sa fille Magali n'en veut pas... Et la paix du début est vite remise en cause, les couples se remettent en question, les rumeurs sur Alphonse refont surface... Chaque personnage est assez caricatural mais finalement permet de faire émerger un humour fin, exploitant ces archétypes dans un décor très estival. 

L'humour va crescendo et certaines situations provoquent réellement l'hilarité des spectateurs, grâce à une écriture très efficace, quelques répliques "croustillantes" et surtout des acteurs très impliqués et s'en donnant visiblement à coeur joie. Avec un véritable coup de coeur pour Karina Marimon, qui joue une mère juive aux multiples facettes. C'est également un vrai plaisir de retrouver Didier Caron, auteur de la pièce, sur scène !

Le Jardin d'Alphonse, au Théâtre Michel depuis le 17 mai 2017 et cet été

Bande-annonce ici

Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris

01.42.65.35.02
 
Du mercredi au samedi à 21h00 et 16h30 le samedi, jusqu'au mois d'août inclus

Relâche le 21 juin, le 14 juillet, le 9 août (remplacé par le 8 août)
Tarif plein : de 25 à 38€

Avec:

Sandrine LE BERRE, dans le rôle de Magali
Didier CARON, dans le rôle de Daniel
Michel FEDER, dans le rôle de Jean-Claude
Julia DORVAL, dans le rôle de Nadège
Arnaud PFEIFFER, dans le rôle de Serge
Romain FLEURY, dans le rôle de Fabien
Christiane LUDOT, dans le rôle de Michelle
Karina MARIMON, dans le rôle de Suzanne
Véronique VIEL, dans le rôle de Zoé
 

Merci beaucoup au théâtre pour les invitations :)

 

 

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