Au bout de mes souliers

24h de la vie d'une femme au Théâtre Rive Gauche

19 Avril 2015, 20:32pm

Publié par Claire

Pour la première fois, mercredi dernier, je suis allée au Théâtre Rive Gauche et je dois dire que c'est une belle première expérience. Il faut dire que le titre de la pièce me donnait déjà très envie de la voir: 24h de la vie d'une femme, une nouvelle de Stefan Zweig adaptée pour le théâtre par le grand Eric-Emmanuel Schmitt.

 

Alors, évidemment, comme c'est du Zweig, ce n'est pas très drôle, voire même franchement triste, mais ça change, moi qui ai l'habitude de vous parler de pièces plutôt comiques (oui oui, elles ont ma préférence, c'est vrai). C'est un théâtre qui interroge, qui donne à réfléchir longtemps encore après la représentation.

C'est donc l'histoire d'une femme qui décide un jour de sauver un jeune homme croisé dans le casino de Monaco, dont elle a d'abord aperçu les fines mains qui jouaient sans cesse. Un jeune homme épris de jeu jusqu'à la folie, qui ne peut garder sur lui le moindre billet sans aller le jouer. En 24h, la vie de cette femme est complètement bouleversée, et bouleversante puisqu'elle nous relate cet épisode à la première personne, comme les pages d'un journal intime...

24h de la vie d'une femme au Théâtre Rive Gauche

La mise en scène et le décor m'ont beaucoup marquée: il y a là beaucoup de finesse et un grand souci du détail. Les voilages nous transportent tout de suite dans l'atmosphère de la Riviera, et la bande-son est particulièrement travaillée. Bien sûr, Clémentine Célarié est magistrale dans ce rôle de femme bourgeoise perdue et passionnée. Le texte est au début déclamé lentement, doucement, mais c'est pour mieux ensuite faire percuter les mots. Mon seul petit regret a été le fait que l'on perçoive les micros de scène, mais ensuite, on n'y fait plus attention tant le jeu de l'actrice est prenant.

La grande originalité est dans le jeu de Loris Freeman, personnage la plupart du temps muet, que l'on découvre d'abord par des ombres chinoises, une très jolie trouvaille qui correspond tout à fait à l'univers de la nouvelle. Il apporte beaucoup à la pièce, surtout par contraste. Vraiment, la mise en scène est pleine d'inventivité, comme ce trench, fil conducteur, qui change de couleur au fil de la journée. Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir le reste... ;)

 

Rendez-vous au Théâtre Rive Gauche dans la très animée rue de la Gaîté!

 

Théâtre Rive Gauche

A partir du 10 avril, du mardi au vendredi à 10h

Le samedi à 19h ou 21h

Matinée le samedi à 17h

6, rue de la Gaîté
75014 Paris
Tél : 01 43 35 32 31

  • Station Edgar Quinet : Ligne 6 
  • Station Montparnasse : Ligne 4, 6, 12, 13
  • Station Gaîté : Ligne 13
  • Station Vavin : Ligne 4

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Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

11 Avril 2015, 22:39pm

Publié par Claire

Hier, avec plusieurs blogueurs passionnés de théâtre, nous avons eu l'immense chance de rencontrer Daniel Pennac et Olivier Saladin dans une salle de répétition du Théâtre de l'Atelier, dans le cadre de la mise en scène, par Benjamin Guillard, d'une nouvelle drôle et étonnante de Daniel Pennac : "Ancien malade des hôpitaux de Paris".

L'histoire, en elle-même, est totalement insolite : le docteur Galvan, jeune interne en médecine et ayant pour principal objectif dans la vie d'avoir une très belle carte de visite – vitrine, digne héritier d'une famille de médecins « depuis Molière », se retrouve confronté, lors de sa nuit de garde qui n'en finit plus, à un malade aux symptômes bien mystérieux... Les spécialistes de tous les domaines vont se pencher aussi sur ce cas qui donne du fil à retordre. Autant de personnages interprétés brillamment par Olivier Saladin dans ce que Daniel Pennac a surnommé un « monologue gesticulatoire ». Et comme c'est une nouvelle, à la base, forcément, il y a une chute. Pour le coup totalement inattendue mais... chut !

 

Avant de voir la pièce, j'ai donc assisté à cette rencontre fabuleuse, le sourire aux lèvres. Parce que voir Daniel Pennac, ça fait quand même très plaisir quand on a dévoré ses livres dans sa jeunesse (bon, et encore aujourd'hui à vrai dire). Quelque chose m'a de suite frappée : c'est resté littéralement un vrai enfant. Très touchant. Et très complice avec Olivier Saladin, on sent que ce sont de vrais amis qui se sont connus grâce à François Morel. Et comme un vrai enfant, il interroge le monde autour de lui. Eh oui, c'était assez amusant et émouvant, démontrant une certaine générosité : c'est d'abord nous que Daniel Pennac a interviewés, pour comprendre notre rôle de blogueurs... Et puis, bien sûr, nous avons parlé de la pièce, à l'origine une nouvelle. La seule commande que Daniel Pennac ait acceptée pendant sa carrière d'écrivain , pour le bicentenaire de l'Internat de Paris.

 

Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

Même sans écrire, l'écrivain livre de très jolies phrases, de belles pensées, comme autour des cartes de visite, thème central de la pièce : « Il y a un lyrisme des cartes de visite médicales », « elles doivent rester petites, c'est un travail intéressant. » Il nous fait alors passer sa carte de visite créée pour l'occasion, qui ne comporte qu'un laconique « Ma carte de visite » qui prend tout son sens quand on a vu la pièce. Olivier Saladin nous sort alors de son portefeuille les cartes de visite laissées par des médecins ayant assisté à la représentation. Un autre élément clé de la pièce, selon son créateur, c'est aussi cette « frénésie de se raconter », de se confier à quelqu'un. D'ailleurs, lui-même nous raconte beaucoup d'anecdotes : le voilà qu'il imite l'accent plat du vénitien, ou encore son passé de pensionnaire (huit années) qui a déclenché chez lui l'envie d'écrire. Eh oui, il n'avait pas le droit de lire pendant l'étude, sous peine de se faire confisquer son livre, donc le soir, à la lumière de la lampe de poche, il lisait quelques pages de Dumas, écrivait la suite la journée puis comparait le soir avec le récit original... Il nous raconte les « livres planqués dans le bahut », les rédactions échangées contre des devoirs de mathématiques... Et nous voilà plongés, un instant, dans son enfance qu'on imagine en fait fantastique.

Olivier Saladin, très complice avec son ami, intervient également et nous donne des précisions sur les conditions de mise en scène. Ce rôle est forcément physique au vu de la multitude de personnages à interpréter . On découvre un homme humble (et pourtant impressionnant), absolument passionné par son métier, découvert au hasard d'une annonce dans la presse pour recruter des comédiens.

Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante
Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

Le soir-même, j'ai donc assisté à la pièce, j'étais pressée et enthousiaste après cette si jolie rencontre. J'en ai beaucoup apprécié la mise en scène, et comme beaucoup de spectateurs je pense, j'ai été impressionnée par Olivier Saladin, si à l'aise dans cette multitude de personnages, provoquant sans cesse le rire, et rendant bien hommage au texte et à ses jolies perles comme « Elles ont la serpillière approximative sur le lino de la vie ». Et bizarrement, je trouve même qu'il excelle dans l'imitation des femmes (ah, cette manière de répondre « Du tout du tout » en faisant tourner une mèche de cheveux, c'était tellement amusant!). C'est une véritable performance que je vous invite à découvrir au Théâtre de l'Atelier. Profitez-en pour faire un tour dans ce si beau quartier ! 

 

 

Edit du 22 février 2016:

Bonne nouvelle, la pièce est rejouée au Théâtre de l'Atelier!

 

DU 23 FÉVRIER AU 20 MARS 2016 à 21h

Représentations du mardi au samedi à 21h

Matinée le dimanche à 15h

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Elodie follement Decker: un spectacle qui donne le sourire!

5 Avril 2015, 22:06pm

Publié par Claire

Un vrai moment de bonheur. Voilà les mots qui me viennent à l'esprit alors que je reviens du spectacle d'Elodie Decker à la Comédie des 3 Bornes, un petit théâtre comme je les aime et dans lequel je me suis rendue, une fois n'est pas coutume, grâce à mon pass Otheatro prolongé (merci à eux au passage).

Elodie follement Decker: un spectacle qui donne le sourire!
Elodie follement Decker: un spectacle qui donne le sourire!

Les 3 Bornes, c'est un théâtre convivial, où l'on doit attendre que le spectacle précédent se finisse pour pouvoir rentrer, oui, mais ce n'est pas grave, tant l'atmosphère y est chaleureuse... Tiens donc, d'ailleurs... Un oeuf de Pâques nous attendait sur notre siège! Un théâtre qui permet d'interagir avec les spectateurs, d'improviser, ce dont Elodie Decker ne se prive pas, insérant dans son spectacle le match de football en cours ou une spectatrice arrivée en retard (gentiment, je vous rassure).

Eh oui, car Elodie Decker illumine littéralement la scène: elle sait faire rire de tout (et d'ailleurs, les éclats de rire fusent en continu) et il n'y a aucun temps mort: de son métier (institutrice), de sa vie amoureuse, de la SNCF, des personnages de Disney... Tout les détails de la vie quotidienne (et même nos tics à nous, spectateurs) y sont disséqués sous un angle très personnel et humoristique bien sûr. Un rire bienvenu dans cette époque pas toujours très drôle au niveau de l'actualité!

 

Cette énergique et charismatique comédienne va en tout cas me faire rire encore les prochains jours, en repensant sûrement à certains passages ("Vous penserez à moi la prochaine fois que vous prendrez le train"... Ah ça, c'est sûr!). Courez la voir pour sa dernière, dimanche 12 avril à 20h15 à la Comédie des 3 Bornes (attention, la Station Parmentier sera alors fermée pour travaux) ou croisez les doigts pour que le spectacle soit prolongé ou joué ailleurs. Je l'espère, car je veux absolument y retourner. Un grand bravo donc à cette talentueuse humoriste, pleine d'avenir j'en suis sûre, et merci de prendre le temps de venir discuter avec le public après le spectacle, c'est très appréciable même si j'ai dû partir très vite!

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