Au bout de mes souliers

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12 Hommes en colère au Théâtre Hébertot

2 Novembre 2017, 22:12pm

Publié par Claire

Le théâtre, cela peut servir à réfléchir, à débattre. Preuve en est faite avec la très belle pièce 12 Hommes en colère actuellement à l'affiche au Théâtre Hébertot, adaptation par Francis Lombrail d'une pièce de Reginald Rose, Twelve Angry Men écrite en 1953 (et adaptée au cinéma par Sidney Lumet en 1957) après sa propre expérience de juré.

12 Hommes en colère au Théâtre Hébertot

Dès le début de la pièce, douze hommes sont face à nous, nous prenant à témoin, figés, ce qui est très impressionnant. Ils sont tous très sérieux, dans des vêtements plutôt sombres et solennels. Ces douze hommes ne se connaissaient pas mais sont jurés et doivent décider de condamner ou non à mort un homme accusé d'avoir tué son père. Au début, seul un homme vote "non coupable", les onze autres votant coupable. Il explique pourquoi: peut-on, sans débattre, sans prendre le temps de réfléchir, condamner un homme à mort ? Et si...? Et si par exemple, il y avait le moindre doute? Evidemment, sa réaction ne plaît pas à tous, cette assemblée masculine est divisée, ceux qui le comprennent, sont prêts à se prendre au jeu, à débattre, à réexaminer la situation, ceux qui au contraire trouvent cela inutile puisque tout a été dit au procès.

Petit à petit, on se rend compte que finalement beaucoup ont voté à partir de préjugés, de situations personnelles. Les jurés s'interrogent, rejouent des scènes, des disputes éclatent inévitablement dans ce huis clos qui dévoile les profondeurs de la nature humaine. Le temps est compté, l'horloge blanche, seul véritable élément de lumière car l'orage tonne dehors, le rappelle bien. Il reste peu de temps pour convaincre les autres... et la tension monte malgré des petites parenthèses de rire bienvenues comme des respirations dans la gravité de la situation, grâce à un publicitaire qui change plusieurs fois d'avis et trouve d'improbables slogans, on se prend vraiment au jeu, on guette les "coupable", "non coupable", on compte les points... Car les acteurs semblent prisonniers de cette pièce grise (et les jurés le sont véritablement), face à nous, spectateurs, juges de leur questionnement, de leur cheminement. Ces douze hommes sont mal assis, sur un banc, qui est d'ailleurs en pente sur le côté, accentuant leur malaise et leur incertitude. Ils ne peuvent plus fuir, obligés de réfléchir et parfois de se confronter à leur propres émotions...

En sortant, cette pièce interroge beaucoup. Et c'est pour cela qu'elle est fantastique. Bien sûr, elle interroge sur la justice, sur la nature humaine aussi, sur des émotions, sur des personnalités, mais aussi, en filigrane, sur les différences sociales, rappelées par les jurés eux-mêmes, et les préjugés qui en découlent. Et repartir de la pièce avec un flot de questions en tête, repenser aux situations, aux personnages... n'est-ce pas le signe d'une vraie réussite ?

12 hommes en colère, au Théâtre Hébertot jusqu'au 7 janvier 2018

Une pièce de Reginald Rose
Adaptation française: Francis Lombrail
Mise en scène: Charles Tordjman
Avec: Jeoffrey Bourdenet – Antoine Courtray – Philippe Crubezy
Olivier Cruveiller – Adel Djemaï – Christian Drillaud
Claude Guedj – Roch Leibovici – Pierre Alain Leleu
Francis Lombrail – Pascal Ternisien – Bruno Wolkowitch
Assistante Mise en scène: Pauline Masson
Décor: Vincent Tordjman
Lumières: Christian Pinaud
Costumes: Cidalia Da Costa
Musiques: Vicnet

Du mardi au dimanche à 19h

Informations sur les tarifs, réservation ici

Et bande-annonce par-là

Merci au théâtre pour l'invitation :)

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Les Jumeaux Vénitiens au Théâtre Hébertot: un vrai régal !

10 Octobre 2017, 20:36pm

Publié par Claire

Il est des pièces dont on ne sort pas indemne, et assurément, Les Jumeaux Vénitiens en fait partie, tant j'ai été ébahie par le jeu des comédiens. J'avoue que je ne connaissais pas cette pièce de Goldoni (surnommé le "Molière italien"), mise en scène, traduite et adaptée par Jean-Louis Benoît. L'intrigue est simple mais permet pourtant un véritable comique de situation et un grand nombre de quiproquos: deux jumeaux, Zanetto et Tonino, sont séparés à leur naissance. Zanetto part vivre dans les montagnes: il est plutôt idiot, et bien plus peureux que son frère, Tonino, qui est parti vivre à Venise, plus intelligent et habile au combat. Tous les deux ont promis à une femme de se marier et c'est pour cette raison qu'ils se retrouvent à Venise... sans le savoir l'un et l'autre. Tout le monde s'y trompe ! 

Les Jumeaux Vénitiens au Théâtre Hébertot: un vrai régal !

Le texte est très drôle, bien sûr, mais sur le fond, interroge sur la question de la condition féminine mais aussi par une fin inattendue et teintée d'une certaine noirceur. Noirceur que l'on retrouve dans le personnage troublant et sombre de Pancrace, amoureux jaloux, manipulateur et inquiétant qui n'est pas sans rappeler Tartuffe et remarquablement joué par Olivier Sitruk tout de noir vêtu et méconnaissable avec son rouleau de cheveux et le maquillage. Tous les acteurs sont bouleversants dans une mise en scène très dynamique et efficace - seule la toute première scène m'a paru trop longuement "criée" alors qu'il y a déjà beaucoup de gestes, de personnages qui entrent, sortent... Dans ce décor travaillé, la mise en scène est pleine de trouvailles, de jeux de scène et les portes sont toujours mises à profit pour accentuer le comique de situation: derrière les portes des deux maisons, des mensonges, des quiproquos, des incompréhensions, quand une trappe au centre sert de refuge tantôt à Tonino, tantôt à Zanetto...

Mais bien sûr, parlons du personnage central, enfin des personnages centraux, les deux jumeaux joués par Maxime d'Aboville. Une véritable performance d'acteur ! Il a un plaisir certain à jouer Tonino, avec son accent montagnard, ses manières un peu grossières, son air idiot et son manque de courage pour manier l'épée. Je pense même aller revoir la pièce pour admirer à nouveau cette véritable leçon de théâtre! Mais attention, ne pas se fier aux apparences... Tonino, sous ses airs de parfait idiot, n'en est pas moins touchant mais... je ne vous en dis pas plus !

 

Les Jumeaux Vénitiens, au Théâtre Hébertot depuis le 14 septembre 2017

Bande-annonce ici

Une pièce de Carlo Goldoni

Adaptation et mise scène Jean-Louis Benoît

Avec Maxime d’Aboville – Olivier Sitruk – Victoire Bélézy 
Philippe Berodot – Adrien Gamba-Gontard – Benjamin Jungers
Thibault Lacroix – Agnès Pontier – Luc Tremblais
Margaux Van Den Plas

Décors Jean Haas
Lumières Joël Hourbeigt
Costumes Frédéric Olivier
Collaboration artistique Laurent Delvert

Du mardi au samedi à 21h
Samedi 16h30 et dimanche 16h00

De 12 à 60€ - tarif spécial -26 ans le mardi, le mercredi, le jeudi, voir renseignements sur le site du théâtre 

Réservation ici

Merci beaucoup au Théâtre Hébertot pour les invitations :)

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Le Jardin d'Alphonse au Théâtre Michel

20 Juin 2017, 15:30pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours j'ai retrouvé le Théâtre Michel dont j'apprécie particulièrement la programmation - je n'ai jamais été déçue - pour une pièce dont l'affiche m'avait particulièrement attirée: Le Jardin d'Alphonse. Et pour la première fois j'ai testé une place en premier rang de loge, eh bien je vous recommande, c'est très confortable - ainsi que le premier rang du balcon.

Le Jardin d'Alphonse au Théâtre Michel

Mais revenons à cette pièce qui est une véritable réussite. La famille Lemarchand se retrouve dans le jardin d'Alphonse qui vient de mourir. Mais lorsque Jean-Claude annonce à ses trois enfants qu'il veut leur léguer sa maison, sa fille Magali n'en veut pas... Et la paix du début est vite remise en cause, les couples se remettent en question, les rumeurs sur Alphonse refont surface... Chaque personnage est assez caricatural mais finalement permet de faire émerger un humour fin, exploitant ces archétypes dans un décor très estival. 

L'humour va crescendo et certaines situations provoquent réellement l'hilarité des spectateurs, grâce à une écriture très efficace, quelques répliques "croustillantes" et surtout des acteurs très impliqués et s'en donnant visiblement à coeur joie. Avec un véritable coup de coeur pour Karina Marimon, qui joue une mère juive aux multiples facettes. C'est également un vrai plaisir de retrouver Didier Caron, auteur de la pièce, sur scène !

Le Jardin d'Alphonse, au Théâtre Michel depuis le 17 mai 2017 et cet été

Bande-annonce ici

Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris

01.42.65.35.02
 
Du mercredi au samedi à 21h00 et 16h30 le samedi, jusqu'au mois d'août inclus

Relâche le 21 juin, le 14 juillet, le 9 août (remplacé par le 8 août)
Tarif plein : de 25 à 38€

Avec:

Sandrine LE BERRE, dans le rôle de Magali
Didier CARON, dans le rôle de Daniel
Michel FEDER, dans le rôle de Jean-Claude
Julia DORVAL, dans le rôle de Nadège
Arnaud PFEIFFER, dans le rôle de Serge
Romain FLEURY, dans le rôle de Fabien
Christiane LUDOT, dans le rôle de Michelle
Karina MARIMON, dans le rôle de Suzanne
Véronique VIEL, dans le rôle de Zoé
 

Merci beaucoup au théâtre pour les invitations :)

 

 

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Un petit jeu sans conséquence à la Comédie de Paris

27 Mai 2017, 20:59pm

Publié par Claire

Première découverte pour ma part, il y a quelques jours, de la Comédie de Paris... Et quelle découverte! Je suis revenue ravie de la comédie Un petit jeu sans conséquence de Jean Dell et Gérald Sibleyras qui y est jouée depuis le 17 mai, une pièce qui a connu un réel succès il y a quelques années. Une salle à taille humaine et qui permet de s'immiscer vraiment dans le décor de pique-nique estival...

Un petit jeu sans conséquence à la Comédie de Paris

L'intrigue est assez simple: Claire et Bruno forment un couple idéal, admiré de tous, tellement que Patrick, un cousin absolument immature, le compare à un couple qui pourrait faire la publicité pour une marque de biscottes, ce qui ne manque pas de vexer Claire. Celle-ci, sans trop réfléchir, lui rétorque qu'ils sont en pleine séparation et décide, par jeu, d'annoncer la séparation du couple à tout le monde. Ce qui permet de dévoiler les vraies pensées de leur entourage... mais n'est également pas sans conséquence! L'occasion de découvrir le personnage d'Axelle, la "bonne copine"... enfin si on peut dire, ou bien Patrick, qui... Enfin non, je n'ai pas envie de tout vous raconter...

Si le texte est parfois à mon goût un peu trop simple  (je dis bien à mon goût!), il n'empêche qu'il provoque souvent le rire, car les comédiens s'en donnent à coeur joie dans cette mise en scène très réussie d'Eric Laugerias. Il y a peu de décor, ce qui permet de se concentrer sur le jeu des personnages et de s'en régaler! Une mention spéciale pour Michel Baladi que j'ai absolument adoré dans le rôle drôle mais aussi finalement touchant de Patrick. Ce n'est pas si facile de jouer l'"idiot", affublé d'une salopette fleurie et d'un tee-shirt Nirvana, celui qui vous poursuivra partout pour lancer une partie de frisbee, un des moments les plus drôles de la pièce. J'ai beaucoup aimé aussi le personnage d'Axelle, joué par Nathalie Tregouët, car il a beaucoup de facettes et que l'actrice joue le jeu de ce mystère mais... je ne peux rien vous dévoiler!

 

Un petit jeu sans conséquence, à la Comédie de Paris depuis le 17 mai 2017

42 rue Pierre Fontaine 75009 Paris

Informations et réservation ici

Ce jour-là j'ai vu (la distribution peut différer, voir informations sur le site):

Nathalie Tregouët dans le rôle d'Axelle
Ségolène Prunier dans le rôle de Claire
Alain Cerrer dans le rôle de Bruno
Michel Baladi dans le rôle de Patrick
Fabrice Pannetier dans le rôle de Serge
 

Merci beaucoup au théâtre pour les invitations :)

 

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Voltaire Rousseau au Théâtre de Poche-Montparnasse: une reprise qui vaut vraiment le détour!

1 Mai 2017, 21:14pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours, je me suis rendue pour la première fois au Théâtre de Poche-Montparnasse, dans l'un de mes quartiers préférés de Paris car il regorge de salles de spectacle et est toujours plein de vie. Et j'ai eu un véritable coup de coeur pour ce lieu très convivial et accueillant où l'on peut, avant le spectacle, boire un verre ou déguster des petits plats... et coup de chance dans mon cas, même rencontrer les comédiens avant leur spectacle! Mais ce coup de coeur a continué pendant la représentation de Voltaire Rousseau, une pièce écrite par Jean-François Prévand et reprise de nombreuses fois depuis sa création en 1991 car son succès de ne se dément pas.

Voltaire Rousseau au Théâtre de Poche-Montparnasse: une reprise qui vaut vraiment le détour!

Le point de départ de cette pièce? Rousseau, souffrant, rend visite à Voltaire dans sa demeure de Ferney, à côté de Genève: il veut savoir s'il est l'auteur du pamphlet anonyme l'accusant d'avoir abandonné ses cinq enfants. Ce point de départ présenté comme une enquête va progressivement permettre un véritable affront d'arguments des philosophes, tirés de leurs écrits: deux grands personnages aux pensées diamétralement opposées.

On assiste alors, petit à petit, à une véritable joute verbale, entre colère, émotion et parfois même rire. Une confrontation qui tourne parfois presque à la folie, dans un décor très simple permettant de se concentrer sur les mots, grâce à la mise en scène de Jean-François Prévand et Jean-Luc Moreau. C'était un vrai plaisir pour moi de retrouver Jean-Luc Moreau et Jean-Paul Farré, tous les deux également à l'affiche de L'Hôtel des Deux Mondes (que j'avais chroniqué ici), mais cette fois-ci dans des personnages tout à fait différents. 

La mise en scène permet de souligner qu'au-delà de la manière de penser, la manière d'être, de vivre tout simplement de Voltaire et Rousseau semble différente. Voltaire semble assez cynique, calme, le sourire aux lèvres - Jean-Paul Farré ayant toujours un visage très expressif - alors que Voltaire semble tantôt agité, colérique, voire même antipathique, tantôt fragilisé par la maladie. Comme si les corps reflétaient des conceptions opposées de la vie de tous les points de vue: la place de la religion, le rôle de la nature, le progrès, le théâtre, la musique... Tout est l'occasion d'un affront, de mots qui s'entrechoquent pour le plaisir du spectateur, non sans parfois provoquer le rire. Un texte qui trouve encore sa résonance aujourd'hui. 

Voltaire Rousseau

  •  De Jean-François PRÉVAND - Mise en scène de Jean-Luc MOREAU et Jean-François PRÉVAND
  •  DU 21 MARS AU 1er JUILLET 2017 - Du mardi au samedi 19h
  • Avec  Jean-Paul FARRÉ /  Jean-Luc MOREAU ou Jean-Jacques MOREAU
  •  
  •  Durée 1h15
  •  Relâches exceptionnelles les 17-18-19-20 et 23 mai
  •  De 10€ (-26 ans) à 32€
  • Renseignements et réservation ici 

Merci au Théâtre de Poche-Montparnasse pour l'invitation et la découverte de ce joli lieu :)

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Le Jeu de l'Amour et du Hasard au Théâtre Michel: une version rafraîchissante !

12 Avril 2017, 20:48pm

Publié par Claire

Quelle surprise! C'est vraiment ce que je me suis dit quand je suis repartie du Théâtre Michel, après avoir vu une version pour le moins... rafraîchissante de cette pièce de Marivaux, mise en scène avec beaucoup de talent par Salomé Villiers. Oui, je sais, cela peut paraître très surprenant, mais c'est vraiment l'impression que l'on a avant même que la pièce commence, alors qu'une fausse pelouse orne la scène ainsi que du mobilier de jardin sur lequel on aurait bien envie de s'asseoir nous aussi... Et quand le spectacle démarre, surprise, c'est par une vidéo... Mais la vidéo n'est pas là en gadget inutile, non, elle participe de ce spectacle qui revisite Marivaux à la sauce des années 60: elle imagine les passages entre les scènes, rajoutant plus d'humour et de connivence avec le public.

Le Jeu de l'Amour et du Hasard au Théâtre Michel: une version rafraîchissante !

Si le spectacle laisse bien part à la critique sociale féministe que l'on devine déjà, il accentue vraiment sur l'humour et la fraîcheur de cette pièce, ce jeu de masques où les futurs fiancés ont la même idée de se déguiser en domestique pour se découvrir l'un et l'autre. Il y a beaucoup de trouvailles dans la mise en scène, d'expressions sur le visage qui provoquent le rire. Avec une mention toute spéciale pour Etienne Launay en Arlequin transformé en Dorante, provoquant irrémédiablement le rire rien qu'à son allure absolument ringarde et à ses "mimiques" - je vous invite à regarder les photographies des acteurs "au naturel" à la sortie de la salle, la transformation est impressionnante. Mais l'ensemble de la troupe semble s'en donner à coeur joie, une joie communicative! J'ai bien aimé également que l'espace scénique s'élargisse à la salle mais... Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir toutes les pépites de ce spectacle...

Le Jeu de l'Amour et du Hasard, au Théâtre Michel jusqu'au samedi 6 mai 2017

Bande-annonce du spectacle ici, réservations par !

 

Un texte de MARIVAUX
Mise en scène : Salomé VILLIERS
Assistée de : Lisa DE ROOSTER
Vidéo : Léo PARMENTIER
 
DISTRIBUTION:
Salomé VILLIERS (Silvia)
Raphaëlle LEMANN (Lisette)
Philippe PERRUSSEL (M. Orgon)
Bertrand MOUNIER ou Pierre HELIE (Mario)
François NAMBOT (Dorante)
Etienne LAUNAY (Arlequin)
 
Au Théâtre Michel
 
38 rue des Mathurins 75008 Paris
 
 
25 représentations exceptionnelles :
Du 05 avril au 06 mai 
Du jeudi au samedi à 21 heures
Le samedi et dimanche à 16h15








Merci au Théâtre Michel pour les invitations :)

Dans le même théâtre, vous pouvez également en ce moment découvrir Le Horla que j'ai chroniqué ici

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Le Horla au Théâtre Michel: un pari réussi !

10 Avril 2017, 21:34pm

Publié par Claire

Quelle audace de représenter Le Horla au théâtre, d'autant plus dans un seul en scène ! C'est pourtant un pari réussi par l'étonnant Florent Aumaitre, mis en scène par Slimane Kacioui. Tout d'abord, ce qui étonne, c'est la mémoire nécessaire pour mémoriser ce texte de Maupassant. De quoi devenir un peu fou, comme le héros principal de cette nouvelle fantastique dont les illusions semblent rejoindre la réalité, le faisant sombrer petit à petit dans une folie grandissante...

Le Horla au Théâtre Michel: un pari réussi !

Très vite, on prend beaucoup de plaisir à redécouvrir ce texte, la déclamation à voix haute procurant une émotion certaine. Le texte étant à la première personne, on se sent littéralement transportés par cette histoire fantastique, frémissant des mystérieuses apparitions... Florent Aumaitre nous emmène dans cette folie qui va crescendo, parvenant à nous faire croire à une présence alors qu'il est seul; on arrive même à deviner le décor alors qu'il y a très peu d'accessoires sur scène. Son jeu d'acteur est impressionnant et relève véritablement de la performance ! J'ai bien aimé que son jeu progresse, au niveau de la voix et de la gestuelle, d'un calme relatif du personnage à cette folie qui le hante progressivement. Une interprétation époustouflante !

Le Horla, au Théâtre Michel jusqu'au 21 mai 2016

Dates et réservation ici - De 15 à 25€

Les mardis et mercredi à 19h, et dates supplémentaires: jeudi 4, vendredi 5, samedi 27 mai à 19h, dimanches 14 et 21 mai à 16h30

 

Un grand merci au Théâtre Michel pour les invitations :)

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Le Bal d'Irène Némirovsky au Théâtre Rive Gauche

17 Février 2017, 22:30pm

Publié par Claire

C'est avec une certaine impatience que j'attendais cette pièce au Théâtre Rive Gauche: Le Bal de Némirovsky, dans une adaptation au théâtre de Virginie Lemoine. Ce roman en grande partie autobiographique raconte la vie d'Antoinette, jeune adolescente de 14 ans, rêvant de vengeance face à une mère (Rosine) très distante, et y parvient un jour en empêchant d'organiser un bal qui devait montrer l'ascension sociale de ses parents qui y ont invité toute la haute société parisienne. Et c'est sous cet angle social que Virginie Lemoine a choisi de mettre en scène Le Bal, faisant de ce roman plutôt noir - enfin, c'est le souvenir que j'en avais gardé - une comédie grinçante sur les nouveaux riches.

Le Bal d'Irène Némirovsky au Théâtre Rive Gauche

J'ai beaucoup apprécié ce parti pris dans la mise en scène, grâce auquel tous les personnages ont une réelle profondeur, des parents aux habitudes grossières et maladroitement mondaines à la professeure de piano antipathique remarquablement jouée par Françoise Miquelis, donnant une des leçons de piano les plus drôles qu'il m'ait été donné de voir au théâtre.

Une jolie surprise nous attendait après la représentation, comme c'était la générale presse, Virginie Lemoine, très sympathique, a répondu à nos questions en compagnie de l'un des deux biographes de l'auteure, Olivier Philipponat (il a en effet avec Patrick Linhardt écrit une passionnante biographie, La Vie d'Irène Némirovsky chez Grasset, fruit d'une longue recherche et que je suis en train de relire pour l'occasion), et de son petit-fils, ayant beaucoup d'humour mais que l'on a senti tout de même très ému par la pièce. L'occasion de rappeler que l'auteure, morte en déportation en 1942, a obtenu à titre posthume le Prix Renaudot pour Suite Française en 2004. Et l'occasion également pour Virginie Lemoine d'évoquer son long travail (quatre ans) pour rendre hommage à une écrivain qu'elle affectionne particulièrement...
 


Le Bal d'Irène Némirovsky

Au Théâtre Rive Gauche depuis le 28 janvier 2017
Du mardi au samedi à 19h

Relâches exceptionnelles les 24 et 25 février 2017, les 18, 24, et 25 mars 2017

De 21€ à 33€

Adaptation Virginie LEMOINE
Mise en scène Virginie LEMOINE et Marie CHEVALOT

Avec
Lucie BARRET
Brigitte FAURE
Serge NOEL
Françoise MIQUELIS
Pascal VANNSON

 

Retrouvez également en ce moment L'Hôtel des Deux Mondes (ma chronique ici) et Le Chien, prolongé en 2017 (ma chronique ).

 

Merci au Théâtre Rive Gauche pour les invitations :)

 

 

 

 

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Hôtel des deux mondes au Théâtre Rive Gauche

3 Février 2017, 21:32pm

Publié par Claire

C'est avec une immense joie que j'ai retrouvé le Théâtre Rive Gauche pour assister à une pièce d'un de mes auteurs de théâtre préférés, Eric-Emmanuel Schmitt, dont j'aime beaucoup l'écriture, avec l'art de traiter des sujets graves en mêlant philosophie, ironie et élégance. Et c'est cette écriture si particulière que l'on retrouve dans Hôtel des deux mondes, une pièce qui traite d'un sujet grave, peut-être tabou: le coma.

Hôtel des deux mondes au Théâtre Rive Gauche

L'hôtel des deux mondes, c'est un entre-deux, un endroit où l'on arrive en ascenseur sans vraiment savoir pourquoi au début, accueilli par des anges, mais on le devine au fil des conversations avec les pensionnaires. Un endroit entre la vie et la mort, en attendant que le destin se joue, ce moment décisif qui nous fait reprendre l'ascenseur dans une musique réellement angoissante, et où l'on se surprend à avoir le coeur qui bat, à guetter quelle flèche va s'allumer: bas, haut? Le contact avec le reste du monde, celui des vivants, n'est pas totalement rompu: la mystérieuse docteur S apporte des nouvelles médicales à ces pensionnaires bien particuliers, et on peut entendre les conversations autour du lit d'hôpital en retrouvant sa chambre d'hôtel.

Alors évidemment, cela pourrait être étouffant, pesant, mais c'est sans compter les subtiles touches d'ironie et de légèreté qui permettent de respirer, une vraie réflexion sur la vie et sur le "don" de l'existence, souvent menée par le Docteur S derrière laquelle on voit poindre l'écrivain-philosophe. La mort est-elle toujours juste? Pourquoi certains retournent-ils sur terre contre toute attente, alors que des personnes que l'on juge moralement meilleures meurent trop tôt? C'est au milieu de ces questionnements métaphysiques, dans ce lieu où les douleurs des malades disparaissent, où le corps retrouve sa liberté de mouvement, que naît même une histoire d'amour, un des plus jolis moments de la pièce à mon goût.

 

Ce très beau texte est sublimé par la parfaite diction des acteurs et une mise en scène plein de trouvailles, dans un décor futuriste où les lumières ont un vrai rôle, rajoutant à l'angoisse du spectateur. C'est ce va-et-vient entre angoisse, émotion, réflexion et humour, avec des personnages si attachants, qui fournit les ingrédients d'une pièce totalement réussie, avec un plateau d'acteurs vraiment exceptionnels et donnant à la pièce toute sa profondeur. J'y repense d'ailleurs depuis, quand je croise un ascenseur, et parce que toutes les jolies réflexions de la pièce continuent à me "hanter", particulièrement l'histoire émouvante du Mage Radjapour... mais je ne vous en dis pas plus.

Hôtel des deux mondes

De Eric-Emmanuel SCHMITT
Mise en Scène Anne BOURGEOIS
Avec par ordre d'apparition en scène : Davy SARDOU, Jean-Paul FARRE, Jean-Jacques MOREAU, Michèle GARCIA, Odile COHEN, Noémie ELBAZ, Günther VANSEVEREN, Roxane LE TEXIER

DEPUIS LE 19 JANVIER 2017
Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Réservation ici

 

Merci infiniment au Théâtre Rive Gauche pour cette nouvelle invitation :)

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La Peur de Stefan Zweig au Théâtre Michel: une pièce bouleversante

8 Novembre 2016, 13:09pm

Publié par Claire

Voici une première fois en tant que spectatrice au Théâtre Michel dont je me souviendrai... En arrivant, j'ai déjà adoré l'ambiance du théâtre, et j'étais déjà très impatiente à l'idée de découvrir une pièce de Zweig, un auteur dont j'apprécie particulièrement l'univers. Mais j'en suis repartie absolument ébahie devant cette prouesse théâtrale!

La Peur de Stefan Zweig au Théâtre Michel: une pièce bouleversante

La Peur est une nouvelle de Stefan Zweig qui porte parfaitement son nom: Irène est une trentenaire bourgeoise qui trompe son mari. Mais un jour, elle rencontre une femme très étrange qui commence à opérer un véritable chantage psychologique, menaçant de tout révéler à Fritz, le mari d'Irène (avocat), si elle ne reçoit pas toujours plus d'argent. Car c'est bien ici la psychologie des personnages qui est explorée et tout les mécanismes de la peur. Qui est cette étrange femme qui apparaît dans l'univers d'Irène, parfois réelle, parfois fantôme?

J'ai trouvé la mise en scène (d'Elodie Menant), inspirée de Fenêtre sur Cour d'Hitchcock, très inventive et particulièrement représentative de cette peur: le décor d'appartement bourgeois, sur roulettes, se referme petit à petit sur les personnages, regorge d'ombres, de cachettes et montre spatialement le piège psychologique qui se referme sur Irène. Je dois vous dire que cette peur, je l'ai vraiment ressentie, j'en ai eu des frissons... aussi provoqués par le jeu des acteurs, extraordinaire. Vraiment, les trois comédiens incarnent parfaitement leur personnage et on est littéralement transportés par cette histoire: comme Irène (Hélène Degy), on a peur, très peur de ce fantôme (Ophélie Marsaud) qui la ferait presque sombrer dans la folie et qui occupe parfois son espace vital, venant parfois interrompre ses conversations avec Fritz (Aliocha Ivotich). J'avoue avoir été totalement subjuguée par ce trio, et j'ai été tellement enthousiaste que j'ai très envie de retourner voir la pièce. Et tant pis si cela me fait si peur!

Crédit photo Karine Letellier

Crédit photo Karine Letellier

La Peur, d'après Stefan Zweig

Au Théâtre Michel depuis le 7 octobre 2016

Mise en scène: Elodie Menant

Avec Hélène Degy, Aliocha Itovich, Ophélie Marsaud

Décor: Olivier Defrocourt

Le jeudi, le vendredi, le dimanche à 19h

Le samedi à 19h15

Tarifs: de 18 à 29€

 

Merci au Théâtre Michel pour les invitations :)

Bande-annonce du spectacle

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