Au bout de mes souliers

Le Chien au Théâtre Rive Gauche: une pièce bouleversante

14 Octobre 2016, 20:32pm

Publié par Claire


Hier soir, je me suis rendue avec beaucoup de plaisir au Théâtre Rive Gauche, dans un de mes quartiers préférés à Paris... Et pour assister à une pièce d'un de mes auteurs préférés également, Eric-Emmanuel Schmitt dont j'aime toujours la justesse des mots, et ce savoureux mélange entre tristesse, mélancolie et petites pointes d'humour savamment distillées. Rappelez-vous : j'avais déjà adoré Oscar et la Dame Rose l'an dernier... Cette année, c'est à nouveau un gros coup de cœur pour Le Chien, une pièce qui s'est déjà beaucoup fait remarquer au festival Off d'Avignon cet été. 

Le Chien au Théâtre Rive Gauche: une pièce bouleversante

L'affiche m'a tout de suite intriguée, avec ce chien coloré qui vous fixe, cachant un arrière-plan beaucoup plus triste et grisé – on comprend pourquoi à la fin de la pièce. Et ce chien, on en parle beaucoup dans la pièce, car il est au centre d'un grand mystère. Pourquoi Samuel Heymann, médecin retraité, a-t-il choisi de se suicider à la mort de son dernier chien, écrasé par un camion ? Pourquoi a-t-il toujours eu des chiens de la même espèce (Beauceron), les appelant inéluctablement Argos ? Bien sûr, je ne vous en dirai pas plus... Mais je vais vous citer une phrase qui résume bien la pièce : « Si les hommes ont la naïveté de croire en Dieu, les chiens ont la naïveté de croire en l'homme. » Moi-même, n'ayant volontairement rien lu avant de venir, j'étais intriguée et j'ai vite été étonnée de la tristesse et de la gravité du sujet. J'ai tellement aimé ce texte déclamé avec beaucoup de justesse que j'ai vraiment envie de relire cette nouvelle publiée chez Albin Michel depuis le début de ce mois d'octobre.
 

Le décor est dénudé, tenant en deux caissons blancs. Mais c'est une très belle idée: on se concentre alors sur les mots, on rentre dans la confidence, dans ce fameux secret qui se révèle à travers le fantôme de Samuel Heymann (Patrice Dehent), et de son ami écrivain (Mathieu Barbier). Quand l'un parle, l'autre reste figé, une statue attentive. Comme nous, spectateurs, figés face à cette histoire déroutante et émouvante. Le binôme fonctionne parfaitement, le texte est remarquablement déclamé et articulé. Un grand moment de théâtre ! Et comme l'a si bien dit mon voisin : « Deux comédiens, un texte, ça suffit, ça fait tout. »

Le Chien, au Théâtre Rive Gauche depuis le 1er octobre 2016


Avec Mathieu Barbier et Patrice Dehent


Mise en scène de Marie-Françoise et Jean-Claude Broche


Pour voir la bande-annonce du spectacle, c'est ici , et l'interview d'Eric-Emmanuel Schmitt à propos de la pièce dans l'émission Le Grand Soir, c'est .


Le lundi à 20h, le jeudi à 19h, le vendredi à 19h, le samedi à 15h et 19h, le dimanche à 17h et 19h


Tarif unique : 19€

Merci au Théatre Rive Gauche pour les invitations :)

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Timéo, une circomédie musicale engagée

13 Octobre 2016, 20:54pm

Publié par Claire

Il y a quelques semaines, je me suis rendue au Casino de Paris pour assister à une représentation de Timéo, une "circomédie" mise en scène par Alex Goude. Oui, une "circomédie", un terme bien trouvé puisque cet littéralement au coeur d'une répétition de cirque que nous nous trouvons plongés avec cette comédie musicale, grâce à un jeu astucieux d'écrans disposés en plusieurs couches, donnant un réel effet de profondeur. Dès l'ouverture du rideau, ce dispositif est assez impressionnant; on se retrouve dans une chambre d'enfant, en relief, avant de vite retrouver l'univers coloré du cirque.

Timéo, une circomédie musicale engagée

L'histoire est malheureusement assez inédite dans le monde de la comédie musicale: le héros, un jeune enfant, Timéo, rêve de faire du cirque pour s'évader de la réalité du fauteuil roulant. Grâce à la douce et gracieuse Lilou dont il finira par tomber amoureux, il parvient à s'immiscer sous le chapiteau, mais il y a un souci: il manque Melody Swann, le clou du spectacle! Mais où est-elle passée? 

C'est autour de cette recherche que vont s'articuler les autres numéros (jonglage, BMX, trapèze, dompteur... les classiques du cirque!). Petit à petit, Timéo semble faire partie de la troupe malgré ses ennuis avec une bande d'adolescents qui le harcèlent, avant bien sûr de devenir des amis. Le voilà intégré à un numéro de trapèze, le moment le plus émouvant du spectacle car les paroles de la chanson sont pertinentes, sans tomber dans le misérabilisme.
 

Les chanteurs se retrouvent ainsi acrobates, ce qui est assez impressionnant. Il est juste dommage que des problèmes de sons, surtout dans la première partie, ne nous permettent pas pleinement de profiter des voix - peut-être que ces soucis ont été réglés depuis. En fait la musique, sous forme de bande-son est parfois trop forte et couvre réellement les voix; il est parfois très difficile de distinguer les paroles. On entendait en revanche très bien la voix du dresseur, James Noah, qui avait assez de puissance pour y faire face (j'ai adoré sa chanson, impressionnante). Malgré cela, l'énergie et le plaisir de jouer des chanteurs, que l'on ressent bien, parviennent à faire oublier ces soucis de son et les enfants présents dans la salle étaient eux ravis, ne prêtant pas attention à ce détail.

En tout cas, les costumes sont colorés et font rêver, et grâce au décor un peu magique et aux accessoires présents sur scène, on se croirait vraiment assis dans un cirque. De très loin, mes personnages préférés sont les deux clowns, qui apportent une vraie légèreté et beaucoup de dynamisme au spectacle. Ils se démènent visiblement pour ce rôle et j'ai beaucoup ri lors de leurs interventions!

Timéo est donc un spectacle à voir en quittant son monde d'adultes, pour se laisser emporter par sa magie. C'est, je pense, un spectacle qui plaît avant tout aux enfants, à voir en famille...

Timéo, une circomédie mise en scène par Alex Goude

Au Casino de Paris jusqu'au 08.01.2017

Merci à eux pour les invitations :)

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A Beautiful Planet à la Géode: un moment extraordinaire

12 Octobre 2016, 19:20pm

Publié par Claire

Hier soir avait lieu à la Géode la première du film A Beautiful Planet, sur le fameux écran géant utilisant la technologie Imax bien sûr. Pour l'occasion, de nombreuses personnalités étaient réunies: les spationautes français Claudie Haigneré et Jean-François Clervoy, le directeur général Imax Richard Gelfond, Bruno Maquart, président d'Universcience et Ségolène Royal. Autant vous dire que j'étais impatiente d'assister à cette soirée, car je suis une grande passionnée d'astronomie. C'est si impressionnant de se dire que l'on a face à soi des personnes  qui sont allées dans l'espace! Mais chut! Tout d'abord, la projection commence...

Et alors là, je dois dire que j'en ai encore des frissons. J'étais comme une enfant, totalement fascinée face à tant de beauté. Nous voilà à bord de l'ISS, la station spatiale internationale (International Space Station): en permanence, des astronautes du monde entier s'y côtoient pour y réaliser des recherches scientifiques. On assiste donc à la vie quotidienne à bord de cette station en orbite autour de la Terre (au début, j'avais le tournis!), on comprend les expériences qui sont menées et surtout, on voit des images de la Terre à couper le souffle. Le film regorge d'anecdotes: on voit comment Noël est fêté avec les moyens du bord, on assiste au premier essai d'une machine qui permet de se faire un espresso dans l'espace, on aperçoit l'équipage se couper les cheveux ou bien faire du sport  - il faut en faire 2h30 par jour, car le corps ne lutte plus contre la gravité et les muscles deviendraient trop "mous". Mais on prend peur aussi quand les astronautes réalisent des sorties dans l'espace, munis de leur scaphandre et reliés d'un simple cordon à la station. J'en avais des sueurs froides et j'en tremblais tellement les images sont réalistes.

Mais par-dessus tout, j'ai adoré les messages délivrés par ce film et par les astronautes, messages pour la paix et la protection de l'environnement. Les images de la Terre vue du haut sont magnifiques mais aussi inquiétantes, on voit ainsi la forêt amazonienne occuper de moins en moins de terrain, ou encore on aperçoit des glaciers fondre. De même, la Terre vue de nuit est fascinante, mais parfois triste: on voit très nettement se dessiner la frontière entre l'Inde et le Pakistan, ou encore, une réelle différence de luminosité entre la Corée du Nord et la Corée du Sud (au nord, on ne voit pratiquement pas de lumière). A la fin de la projection, très émue par le caractère exceptionnel des images, j'avais envie de revoir le film, tout de suite. Alors c'est certain que je vais y retourner, ce n'est pas tous les jous que l'on a vraiment l'impression de se trouver à bord d'une station spatiale!

 

Voici également l'avis de monsieur qui m'accompagnait, lui aussi impressionné :) :

 

"Des images époustouflantes qui nous permettent, à défaut de pouvoir connaître les sensations d'un vol en apesanteur, de nous glisser au plus près de la vie de ces spationautes, et de la vue qu'offre l'ISS sur la Terre.
En découvrant ainsi notre planète depuis l'espace, comment ne pas être ému et empli d'une profonde humilité ?

J'ai admiré, et j'ai adoré !"

Après la projection, un autre moment très émouvant nous attendait: Claudie Haigneré et Jean-François Clervoy répondaient à nos questions. Etant petite, je suivais leurs aventures dans l'espace à la télévision, c'est peu vous dire que j'étais impressionnée. Nous avons également eu un clin d'oeil virtuel de leur collègue et ami Thomas Pesquet, qui s'entraîne depuis 7 ans pour lui aussi rejoindre l'ISS: départ le 15 novembre!

Les deux spationautes ont été absolument passionnants, d'autant plus qu'il y avait beaucoup de questions d'enfants invités pour l'occasion. On a ainsi appris que regarder la Terre par le hublot était une émotion très intense, que la vie à bord de l'ISS était exemplaire au niveau écologique (quasiment tout est recyclé: même l'eau de l'urine!), que les profils recrutés étaient très variés. Jean-François Clervoy a été à la fois drôle et émouvant quand un enfant lui a demandé comment on se sentait dans une fusée au décollage. Eh bien il l'a pris sur ses genoux, lui a mis la tête vers le haut, a bougé et expliqué le minutage, quelle belle démonstration! Les anecdotes ont encore une fois été nombreuses, et c'est définitivement la tête dans les étoiles que l'on est repartis de cette soirée pas comme les autres...

"A Beautiful Planet", à la Géode depuis le 12 octobre 2016

Un film de Toni Myers

Bande-annonce ici

Durée: 47 minutes

Séances à 11h30, 14h30, 18h30 et 20h30

(Séance de 20h30 pendant les vacances scolaires; il y a certains lundis de fermeture, à consulter)

Plein tarif: 12€ - Tarif réduit: 9€

 

La Géode

26 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris



Merci à la Géode pour les invitations à cette soirée extraordinaire :)

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Mariage et Châtiment au Théâtre Hébertot

9 Octobre 2016, 20:48pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours j'ai repris avec bonheur le chemin des théâtres et l'actualité est très chargée... Commençons par une réjouissante comédie, Mariage et Châtiment, au Théâtre Hébertot que j'affectionne particulièrement car on s'y sent bien en tant que spectateur.

Mariage et Châtiment au Théâtre Hébertot

L'intrigue est assez classique, typique du théâtre de boulevard: Edouard (Daniel Russo) est contraint, dans la panique, de crier un grand, un énorme mensonge... bien évidemment, je ne vous dirai pas lequel. Plus il essaie de se rattraper ensuite, plus les mensonges se multiplient et la situation vire à la catastrophe, entre sa stagiaire (Zoé Nonn), sa femme Marianne (Delphine Rich), son meilleur ami (Laurent Gamelon) et sa fiancée (Fannie Outeiro), personnage que j'ai d'ailleurs préféré car la comédienne est hilarante dans ce rôle de présentatrice météo quelque peu écervelée, elle me faisait rire à chacune de ses apparitions! Même si bien sûr le duo formé entre Daniel Russo et Laurent Gamelon fonctionne parfaitement et que l'on sent bien que ce sont des amis aussi dans la vie.

J'ai beaucoup aimé l'évidente complicité entre les acteurs, ils ont tous un réel plaisir à jouer et cela se ressent dans le public. Le décor est également très travaillé, je l'ai trouvé impressionnant, on a réellement l'impression d'être assis dans un canapé de l'appartement d'Edouard et Marianne. La mise en scène est dynamique, pleine de trouvailles... Ce que j'ai le moins aimé est la longueur de la pièce (cela est dû à l'écriture et non à la mise en scène). L'accumulation des mensonges à la fin est moins crédible et peut-être en trop, je pense (à mon très humble avis) que la pièce aurait pu finir avant même si elle n'en reste pas moins très vivante et vaut absolument le déplacement!

 

MARIAGE & CHÂTIMENT

Depuis le 1er SEPTEMBRE 2016 au Théâtre Hébertot (78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris)

SEANCES :
Soirées : du MARDI au SAMEDI à 21h
Matinées : DIMANCHE 15h

Tarifs :
1ère catégorie : 53 € 
2ème catégorie : 43 € 
3ème catégorie : 29 €
4ème catégorie : 17 €

REDUCTION POUR LES JEUNES (- 26 ans) :
- 10 € en 1ère ou 2ème catégorie le mardi, mercredi ou jeudi selon places disponibles
- Billets sans réservation à prendre 1h avant le spectacle avec présentation obligatoire du justificatif "- de 26 ans".

 

Pour voir un extrait de la pièce et vous en faire une petite idée, c'est par ici ...

 

Merci au Théâtre Hébertot pour les invitations :)

 

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Dans les coulisses d'un ouragan... à la Géode

10 Juillet 2016, 16:36pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours, je me suis rendue à la Géode pour découvrir un film en 3D: Ouragan. Déjà, j'étais heureuse d'y aller, car j'aime beaucoup cet endroit un peu hors du commun. Le hall, pour patienter, y est agréable, et on peut observer de nombreuses photographies ou s'asseoir sous des lumières bleutées. Puis, comme au cinéma, une fois sous l'impressionnante coupole, il y a eu des bandes-annonces, des publicités, des vraies... puis c'était le début d'Ouragan, il fallait donc chausser nos lunettes 3D.

Nous voici donc plongés au coeur d'un ouragan, dès sa naissance au Sénégal sous forme d'une tempête de sable, et que les météorologues, de leur avion (que c'est impressionnant!) vont choisir d'appeler Lucy. Lucy, je suis sûre que vous vous en souvenez? Cet ouragan avait fait beaucoup de dégâts. Mais on apprend grâce à ce film qu'un ouragan est à la fois le bien et le mal, car il permet également de renouveler la flore, notament dans les forêts. Nous le suivons partout, nous le voyons grandir et gagner de la force lorsqu'il traverse l'Atlantique, donnant lieu à des images qui coupent le souffle, à la fois sous et sur l'eau, mais aussi vu depuis la Station Spatiale Internationale. Puis nous le voyons gagner le continent, avec les cellules météorologiques en alerte. Toute la faune est concernée, y compris... l'homme. Lucy atteint alors les Caraïbes, le golfe du Mexique puis finit par mourir au-dessus de la Louisiane, puisqu'un ouragan se "nourrit" de la mer. J'ai aimé voir des détails, parfois touchants: des fourmis qui voyagent sur une sorte de radeau, du bétail dans l'eau jusqu'au cou, des hommes qui essaient tant bien que mal de renforcer des toits à l'apparence déjà fragile, et que l'on verra ensuite dans une véritable détresse, montrant que la nature reprend vite ses droits, parfois cruellement...

J'ai beaucoup aimé les images car c'est une vraie chance de rester assis dans son siège et d'assister à un tel phénomène (on imagine toutes les conditions matérielles qu'il a fallu réunir!), et je suis repartie avec le sentiment d'avoir appris quelque chose: oui, un cyclone c'est dangeureux pour les humains, mais oui, il est indispensable pour rééquilibrer le climat. Sur ce point j'aurais aimé en savoir plus, tout comme sur ces "chasseurs de cyclones" dans leur avion qui m'ont absolument fascinée (après avoir cherché des renseignements, ils travaillent pour la National Oceanic and Atmospheric Administration).

La voix off est intéressante, citant de magnifiques passages de Hugo (issus d'un chapitre retiré des Travailleurs de la mer), mais j'aurais aimé qu'elle soit davantage développée car j'avais vraiment envie d'en savoir plus du côté scientifique. D'autre part, le texte a été passé à la première personne (et remanié bien sûr), et je trouve que cela donne un côté trop artificiel; peut-être est-ce dû au fait que l'on l'entend assez mal, la voix fait plus l'effet d'un murmure, et pour le coup on y est beaucoup moins attentif, on a du mal à croire à cette incarnation: l'ouragan aurait une voix si fluette? Cela produit un peu moins cet effet avec la bande-annonce du film, visible ici, c'est peut-être dû à la sonorisation de la Géode...

En tout cas, c'était une très belle expérience, en espérant que le film soit diffusé à davantage d'horaires, car les images sont d'une grande beauté et forcément rares. On peut tout à fait le voir en famille, il est très accessible! Cela m'a en tout cas donné envie de voir d'autres films à la Géode...

 

"Ouragan", à la Géode depuis le 8 juin 2016

Du 8 juin au 10 juillet: le vendredi à 18h30

Du 10 juillet au 26 août: le vendredi à 20h30

Tarif unique: 7.50€

Un film de Cyril Barbançon, Andy Byatt et Jacqueline Farmer

Musique de Yann Tiersen

Il existe également un livre documentaire, pour être sincère, je ne l'ai pas feuilleté, mais si le sujet vous intéresse vous pouvez en savoir plus ici

 

Merci à la Géode pour les invitations :)

 


 

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Une folie de Sacha Guitry au Théâtre Rive Gauche: un très bon moment

15 Juin 2016, 19:00pm

Publié par Claire

Lorsque j'ai vu qu'une pièce de Sacha Guitry était jouée au Théâtre Rive Gauche, j'en étais ravie (et plus encore ravie de vous faire gagner des places il y a quelques jours): j'aime beaucoup Sacha Guitry, je trouve que ses textes n'ont pas pris une ride et font toujours autant rire! C'est d'ailleurs bien le cas d'Une folie, seconde version (créée en 1951) d'une comédie écrite en 1938, Un monde fou.

La folie, c'est le sentiment qui domine la pièce, mais c'est aussi le lieu unique de cette comédie, une maison bourgeoise du XVIIIème siècle appartenant à un psychiatre, docteur Flache (Olivier Lejeune). Celui-ci, tout jeune retraité, s'apprête à vendre sa maison, à partir dans le Midi, mais doit d'abord régler une affaire de divorce, ou bien de mariage, enfin... une histoire d'amour qui n'en est plus une, où la femme (jouée par Lola Dewaere) pense que l'homme (Manuel Gélin) est devenu fou et inversement. Les personnages secondaires apportent beaucoup à la pièce, provoquant souvent le rire: une gouvernante séductrice et une tapissière un peu perdue dans un quiproquo qui est l'un des moments les plus drôles de la pièce.

Une folie de Sacha Guitry au Théâtre Rive Gauche: un très bon moment

J'ai beaucoup aimé le jeu des acteurs, très dynamique, dans un décor soigné (on se croirait vraiment dans le cabinet du docteur Flache). J'ai trouvé Olivier Lejeune tout à fait convaincant et à l'aise dans la peau de psychiatre lui-même peut-être un peu fou, et j'ai beaucoup aimé qu'il s'adresse à nous, public, après la pièce pour présenter ses collègues et raconter l'histoire de cette pièce, j'avais comme l'impression de rentrer dans les coulisses et cela montre une réelle complicité entre les acteurs. Mais plus encore, j'ai adoré les rôles tenus par les femmes: bien sûr Lola Dewaere, dans le rôle de Missia, femme séduisante et caractérielle, mais aussi Alice Carel dans le rôle de la gouvernante-secrétaire-infirmière-etc., apportant un vrai dynamisme et toute une palette de caractères, et Mathilde Hennekine dans le rôle de la tapissière innocente. 

Et puis ce que j'ai apprécié aussi, c'est cette salle visiblement remplie de fans de Guitry, heureux d'être là, réagissant et riant franchement.

Envie de vous plonger dans l'atmosphère de la pièce? Voici la bande-annonce du spectacle !

"Une folie", au Théâtre Rive Gauche

D'après une mise en scène de Francis Huster

Avec Olivier Lejeune, Lola Dewaere, Manuel Gelin, Marianne Giraud en alternance avec Mathilde Hennekinne, Alice Carel

 

Depuis le 2 juin 2016
Du mardi au samedi à 21h

Matinée le dimanche à 15h30

 

Informations et réservations ici

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6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis: le livre de François Suchel qui m'a fait voyager

3 Juin 2016, 17:15pm

Publié par Claire

Aujourd'hui je vais vous parler d'un livre qui m'a accompagnée pendant de longues heures car je l'ai très soigneusement lu (et fini avec un peu de nostalgie), essayant d'en saisir chaque détail, y compris technique grâce à son précieux glossaire: il s'agit d'un essai au titre bien mystérieux, 6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis de François Suchel.

Je ne connaissais au départ pas ce livre. Car l'avion, personnellement, me fascine tout autant qu'il me fait peur. Mais on a surtout peur de ce que l'on connaît mal, de ce que l'on ne maîtrise pas, n'est-ce pas? Or un jour, sur Twitter, je me rends compte que les éditions Paulsen organisent un concours pour gagner un voyage en avion en compagnie de l'auteur, François Suchel, pilote chez Air France depuis 1991. Cela m'a intriguée: tiens, il doit avoir beaucoup de choses à raconter, tellement de souvenirs que cela tiendrait tout un voyage? Bon, malheureusement, je n'ai pas gagné, il y avait très peu de chance en effet, mais aussitôt ma participation validée, j'ai acheté le livre, très intriguée, et par envie d'avoir une autre vision de l'avion, ne plus seulement en avoir peur mais aussi de mieux le connaître, de pouvoir rentrer enfin dans cette fameuse cabine de pilotage.

Ce livre est divisé en plusieurs chapitres: la plupart racontent les aventures de François Suchel, des incident techniques, mais fort heureusement, pas seulement, sa formation, ses premiers vols en tant que co-pilote mais aussi, plus tard, commandant de bord, son bonheur de voler  quand d'autres racontent les mésaventures de ses collègues (certains donnent des sueurs froides!) ou les aventures des pionners de l'aviation, non sans une certaine nostalgie pour ces avions que l'on maîtrisait mieux, que l'on comprenait mieux à l'heure où Georges, le pilote automatique, peut parfois induire en erreur. On a vraiment l'impression d'être avec le pilote au sein de la cabine, on a peur pour lui, on se demande ce que l'on aurait fait dans certaines situations.

Et puis on retrouve un certain calme dans l'écriture, ouf, voler c'est aussi cela, c'est le bonheur de s'arracher à la vie terrestre, une parenthèse décrite avec beaucoup de poésie, de philosophie et d'interrogations sur le statut du pilote qui s'extrait un temps de sa condition d'humain rattaché à la terre ferme (ainsi, page 68: "Quelque que soit l'outil emprunté pour s'envoler, le pilote devra immanquablement revenir sur terre. Dans cette mission sans échappatoire réside la noblesse du métier. Si l'on y réfléchit bien, rares sont nos actions dont l'issue est obligatoire, quelles que soient les circonstances. On peut toujours reporter une réunion ou annuler un projet, pas un atterrissage. Le pilote en tire son orgueil, qui le rend incapable, parfois, d'exister sans son avion. Qu'est- ce qu'un pilote au sol? Un homme comme un autre, avec la gueule de bois. Un marin au port qui a le mal de terre. L'albatros malhabile de Baudelaire. Son retour au nid, bercé par les voluptés célestes, tout à son illusion de puissance, s'accompagne souvent de maladresses et d'incompréhensions. Exacerbées par la fatigue et le décalage, mille petites choses du quotidien, déplaisantes pour tous, mais insupportables pour lui, rappellent à l'oiseau déchu que la vraie vie est en bas, que le temps du vol n'était qu'une parenthèse éblouie" ).

 

J'ai beaucoup aimé ce mélange entre impressions de vol, rêveries, récits d'incidents... dont l'un deux, qui aurait pu être très grave, sur un Paris-Zurich, a donné son titre au livre. On découvre également qu'un incident n'est pas que mécanique mais peut aussi être diplomatique, comme dans un vol Paris-Beyrouth... Des récits très hétéroclites donc, mais toujours une réelle qualité d'écriture, un plaisir indéniable de lecture. François Suchel a visiblement fait un effort pour rendre son récit accessible à tous. N'ayant aucune connaissance dans le domaine aéronautique, ma lecture a en revanche été plus longue, car j'allais à chaque fois consulter le glossaire à la fin et je devais parfois m'y reprendre plusieurs fois afin de bien comprendre certains détails techniques. Maintenant, je voulais être sûre de tout retenir, ce n'est pas obligatoire et cela ne concerne que certains passages du livre, je vous rassure. J'ai pour le coup appris beaucoup de choses!

 

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un véritable coup de coeur... et d'une première découverte des éditions Paulsen pour ma part!

6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis, François Suchel, Paulsen, Janvier 2016 - 19,90€.

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La vie de Toulouse Lautrec au Théâtre du Petit Gymnase

27 Avril 2016, 11:12am

Publié par Claire

Un petit retour à la vie parisienne après une escapade loin de la capitale... Et je ne perds pas les bonnes habitudes, direction le théâtre, cette fois-ci pour une pièce très originale: "La vie de Toulouse Lautrec". Lorsque j'ai reçu la présentation de la pièce par mail, cela m'a tout de suit intriguée: tiens, rendre la vie d'un peintre en une pièce de théâtre, c'est un beau défi! Et c'est vrai que l'on a vraiment l'impression de voir Toulouse Lautrec évoluer sous nos yeux, c'est assez troublant. Nous voici plongés dans le Paris du 19ème siècle, et plus exactement dans un très modeste appartement de Montmartre...

Toulouse-Lautrec y est interprété par Maurice Lamy, d'ailleurs la ressemblance est assez frappante! Grâce à ses gestes, je lui trouve un côté marionnette assez touchant - il y a d'ailleurs, à un moment, une partie de théâtre d'ombre. Le décor est assez simple, nous sommes plongés dans l'appartement du peintre, dominé à jardin par son matériel de peinture: un chevalet sur lequel il va peindre pendant la pièce (et que l'on voudrait tant voir enfin retourné!), des godets de peinture à l'huile, des pinceaux. Il ne manquait plus que l'odeur et le tableau aurait été parfait!

 

C'est Maurice Lamy lui-même qui a écrit cette pièce, reconstituant la vie du célèbre peintre, si mal vu par les critiques de l'époque. On voit un Toulouse-Lautrec sûr de ses idées, parfois taquin, parfois un peu fou, vivant en compagnie de sa mère qui lui lit régulièrement des articles critiques sur ses oeuvres, jouée ce soir-là par Isa Mercure dont j'ai aimé le jeu sans excès. Le peintre, lui, nous lit des lettres de ses proches, en écrit aussi avec une plume que l'on finit par avoir envie de tenir aussi pour le bonheur de la tremper dans l'encrier. On découvre un personnage fragile, sans doute alcoolique, fréquentant les maisons closes et touchant, si touchant. Mais aussi un peintre malade, atteint de la pycnodysostose (je vous avoue, je m'y suis prise à plusieurs fois pour l'écrire, mais pour résumer, cela explique notamment le fait qu'il soit inséparable de sa canne, et porte un chapeau et une barbe pour en cacher les symptômes, ainsi que sa petite taille - toutes ces infirmités l'éloigneront de son père). Il n'aura vendu finalement que très peu de tableaux, et comme il l'avait prédit, connaîtra une célébrité posthume, lui, le fou de travail à l'oeuvre absolument foisonnante.

J'ai adoré découvrir la vie du peintre de cette façon et je me suis documentée en rentrant, j'en avais vraiment envie. Le seul bémol pour moi et la voix off façon article Wikipédia, faisant le lien entre les différents tableaux de cette pièce, beaucoup trop rapide et monocorde, je n'ai absolument pas pu suivre, particulièrement au tout début de la pièce (j'ai même d'ailleurs cru que c'était pour tourner l'article en dérision, et là surgiraient les acteurs pour montrer que trève de bavardages, on allait montrer le vrai Toulouse-Lautrec, du coup, je n'ai pas vraiment écouté mais en fait... j'aurai dû!). Et aussi le fait, finalement, de ne jamais apercevoir d'oeuvres finalement. Avec toutes ces couleurs décrites, on en aurait bien envie! En tout cas, j'ai beaucoup aimé découvrir la vie du peintre de cette façon, comme si le public devenait son confident.

C'était la première fois que je me rendais au Théâtre du Gymnase. Attention, il s'agit ici du Petit Gymnase, l'entrée se fait par la droite et est commune à un autre spectacle, ce que j'ignorais. L'attente est donc longue, surtout quand il pleut comme quand j'y suis allée, donc arrivez soit tôt pour être dans les premiers, soit au dernier moment pour ne plus faire la queue! :)

Découvrez un extrait du spectacle dans cette jolie vidéo

 

"La Vie de Toulouse Lautrec", au Théâtre du Petit Gymnase, tous les lundis jusqu'au 27 juin 2016, à 20h (Durée du spectacle: 1h15)

De et avec Maurice Lamy

Avec Isa Mercure

 

 

Merci au Théâtre du Gymnase et à Tess'Art Communication pour les invitations! :)

 

 

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Le piano oriental de Zeina Abirached: un vrai plaisir de lecture

5 Avril 2016, 21:10pm

Publié par Claire

Quand PriceMinister propose aux blogueurs de chroniquer une bande-dessinée, bien sûr, cela me plaît, et je me suis aussitôt inscrite pour cette édition 2016 de "La BD fait son festival". Il faut être honnête, des BD, je n'ai pas (plus) du tout l'habitude d'en lire, mais justement, c'est pour cela que je me suis lancée: parfois, quand je me promène dans les librairies, je trouve toujours que le rayon de BD est riche de nouveautés, et particulièrement de bandes-dessinées à mi-chemin entre roman et dessin, tant le texte est travaillé et l'intrigue fouillée. C'est le cas de "Piano Oriental", que j'ai immédiatement choisi parce que le titre m'a intriguée: nous sommes ici face à un roman graphique... original et étonnant.

Le piano oriental de Zeina Abirached: un vrai plaisir de lecture

Quand j'ai reçu le livre, je dois vous dire que j'ai été très surprise. Ce n'est absolument pas un format habituel pour une bande-dessinée, non, c'est un très bel objet, un livre lourd, précieux, avec le milieu qui s'ouvre en double-page, lui donnant un côté magique. Et pour bien évoquer les touches du piano, le graphisme est uniquement en noir et blanc, ce qui n'est pas sans rappeler Persepolis. 

L'histoire m'a tout de suite plu. Elle est inspirée de l'arrière grand-père de Zeina Abirached, Abdallah, qui a eu l'idée d'inventer un piano oriental, c'est-à-dire pouvant jouer soit de la musique "occidentale", avec ses demi-tons, soit de la musique orientale, en activant la sourdine, avec ses quarts de ton. On voyage donc entre le Beyrouth d'Abdallah, rempli de poésie, dans les années 60, et la narratrice, entre fiction et autobiographie, parlant de sa double culture, elle qui pensait enfant qu'en France tout était noir et blanc, comme les touches d'un piano, parce qu'elle ne recevait la télévision française qu'en noir et blanc. Comme dans Persepolis, les comparaisons entre ses deux vies, ses deux pays, sont intéressantes, parfois drôles, parfois touchantes.

J'ai beaucoup aimé la poésie qui émane de ce très bel ouvrage, même si je n'ai pas envie de vous en dire plus pour vous en laisser la (belle) surprise. Le graphisme y est très travaillé et donne une dimension encore plus poétique au texte. Au début, je me suis demandé pourquoi il y avait autant d'onomatopées, cela me décontenançait, je me suis dit que c'était peut-être parce que je n'avais pas l'habitude de lire des bandes-dessinées. Et puis, en y réflechissant, j'ai trouvé: elles aussi, ont un sens, elles donnent à ce livre un statut d'oeuvre musicale et pas seulement graphique... Une invitation à lire "Le piano oriental" une seconde fois pour en comprendre toutes les subtilités!

Vous l'aurez compris, je suis ravie d'avoir découvert cet ouvrage hors du commun - merci Price Minister! Attention, le prix est plus élevé que la plupart des bandes-dessinées, 22€ mais le livre comporte tout de même 232 pages et est en soi, comme je vous le disais, un très bel objet.

 

P.S.: PriceMinister demande une note pour pouvoir élire la meilleure bande-dessinée de la sélection... Alors je mets 17/20, pour moi c'est vraiment proche de la perfection, sauf peut-être le début où l'on a un peu de mal à comprendre les deux histoires mises en parallèle.

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Libres sont les papillons au Théâtre Rive Gauche: entre rire et émotion

26 Mars 2016, 21:30pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours, j'ai retrouvé le théâtre Rive Gauche non pas pour revoir le spectacle "Barbara et l'homme en habit rouge", même si cela m'aurait bien dit, mais pour découvrir une comédie moderne adaptée par Eric-Emmanuel Schmitt à partir d'un comédie musicale de Leonard Gershe: "Libres sont les papillons", dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau, avec Anouchka Delon et son compagnon Julien Dereims, Nathalie Roussel et Guillaume Beyeler.

Libres sont les papillons au Théâtre Rive Gauche: entre rire et émotion

Si au début je n'aimais pas le texte lui-même de la pièce, le trouvant trop "simple", petit à petit, je me suis littéralement laissée emporter par l'intrigue transportée dans une chambre de bonne sous un toit parisien: le texte va crescendo, entre humour, disputes et émotion. Elle met en scène des personnages très contrastés: Quentin, un jeune homme de vingt ans (joué par Julien Dereims), atteint d'une infirmité que l'on découvre au cours de la pièce, a quitté son domicile huppé de Neuilly, que l'on devine à travers le personnage de sa mère (Nathalie Roussel), très BCBG, mais dont la coquille finira par se briser et auquel on s'attache finalement. Il apprend à découvrir son excentrique jeune voisine Julia (Anouchka Delon), qui cependant fait la connaissance d'un metteur en scène bien idiot-comme-il-faut (Guillaume Beyeler).

 

J'ai été très impressionnée par le jeu des acteurs, surtout dans la dernière partie de la pièce où, après avoir été plutôt dans le registre de l'humour jusqu'à présent, on se laisse surprendre par une grande émotion qui a provoqué les larmes chez moi (et mes voisins aussi!). J'ai trouvé le décor très réaliste, on avait vraiment l'impression de vivre nous aussi dans cette chambre de bonne, et la mise en scène très efficace. Et j'étais heureuse de voir que les comédiens n'étaient pas sonorisés, ce qui arrive parfois dans ce théâtre. Un très bon moment, et bonne nouvelle, comme la pièce est un succès, elle a été prolongée: vous pourrez la voir jusqu'au 26 mai 2016.

 

 

Libres sont les papillons, une comédie de Léornard Gershe, adaptation d'Eric-Emmanuel Schmitt

Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims et Guillaume Beyeler

Au Théâtre Rive Gauche, du mardi au samed à 21h, matinée le dimanche à 15h

Jusqu'au 26 mai 2016

De 12 à 36€

 

Merci au Théâtre Rive Gauche pour les invitations :)

 

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