Au bout de mes souliers

Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur

12 Février 2017, 21:29pm

Publié par Claire

Voici un spectacle dont je suis ressortie absolument ébahie: Le Concert sans Retour des Cinq de Coeur, cinq chanteurs lyriques qui se retrouvent sur scène, alternant entre répertoire classique revisité et chansons de variété.

Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur
Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur

Dans ce très beau Théâtre des Bouffes Parisiens que j'ai découvert avec bonheur pour la première fois, le spectacle démarre comme un classique concert dédié "au romantisme allemand", un "concert germanique en allemand" nous annonce une des chanteuses d'un ton très solennel et sans l'ombre d'un sourire. Tenues austères, consonnes finales suraccentuées, visages fermés, déjà, les rires fusent dans la salle, d'autant plus quand les bras croisés d'une chanteuse sont nerveusement remis en place par une de ses collègues.

Mais très vite, la variété vient quelque peu bouleverser le programme, même si parfois on assiste à quelques retours très drôles au programme "germanique". Les chansons, comme autant de numéros de clowns - normal, la metteuse en scène, Meriem Menant, joue également le rôle de clown dans d'autres spectacles - s'enchaînent, provoquant l'hilarité générale, comme autant de friandises que l'on déguste avec plaisir en se demandant toujours quelles vont être les prochaines trouvailles. Ces moments de rire franc sont parfois interrompus par quelques instants de poésie et de grâce, comme cette émouvante interprétation d'Avec le temps.

Mais toute cette drôlerie omniprésente ne saurait faire oublier une technique vocale impressionnante. Les chanteurs sont tous issus d'une formation classique permettant de chanter durant 1h30 a cappella. Comme ils l'ont expliqué aux blogueurs présents après le spectacle, il y a en effet un réel travail musical en amont, permettant de ne plus penser ensuite qu'à la mise en scène, même si les chanteurs voient toujours leur directeur musical après plusieurs spectacles pour toujours retravailler la musicalité et les nuances pour ne pas prendre de mauvaises habitudes. Quant à la metteuse en scène, elle a respecté la nature de chacun, accentuant leurs "défauts" pour trouver le clown en chacun. C'est grâce à ce grand travail que l'on se retrouve face à un spectacle hors du commun, porté par les chanteurs énergiques de bout en bout. 

Mention spéciale pour les chants en "solo" mettant en valeur chacun des cinq chanteurs pendant le spectacle, du crooner séducteur au chanteur de Mexico jusqu'à une bigoudène déjantée à la coiffe surdimensionnée. Mais je ne vous en dis pas plus afin de conserver le mystère de ces mille et une trouvailles...

 

Le concert sans retour - Cinq de coeur

 

Mise en scène: Meriem Menant (alias Emma la Clown)

Avec Pascale Costes, Karine Sérafin, Sandrine Mont-Coudiol, Patrick Laviosa et Fabian Ballarin

Lumières: Emmanuel Faure, Costumes: Eymeric François / Anne de Vains, Directeur Musical: Didier Louis, Son (d'ailleurs remarquablement bien pris en charge): Mathieu Bionnet

Au Théâtre des Bouffes Parisiens, 4 rue de Monsigny, 75002 Paris le samedi à 19h, le dimanche à 17h30

De 10 à 39€

 

Merci à la troupe et au Théâtre des Bouffes Parisiens pour l'invitation :)

 

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Hôtel des deux mondes au Théâtre Rive Gauche

3 Février 2017, 21:32pm

Publié par Claire

C'est avec une immense joie que j'ai retrouvé le Théâtre Rive Gauche pour assister à une pièce d'un de mes auteurs de théâtre préférés, Eric-Emmanuel Schmitt, dont j'aime beaucoup l'écriture, avec l'art de traiter des sujets graves en mêlant philosophie, ironie et élégance. Et c'est cette écriture si particulière que l'on retrouve dans Hôtel des deux mondes, une pièce qui traite d'un sujet grave, peut-être tabou: le coma.

Hôtel des deux mondes au Théâtre Rive Gauche

L'hôtel des deux mondes, c'est un entre-deux, un endroit où l'on arrive en ascenseur sans vraiment savoir pourquoi au début, accueilli par des anges, mais on le devine au fil des conversations avec les pensionnaires. Un endroit entre la vie et la mort, en attendant que le destin se joue, ce moment décisif qui nous fait reprendre l'ascenseur dans une musique réellement angoissante, et où l'on se surprend à avoir le coeur qui bat, à guetter quelle flèche va s'allumer: bas, haut? Le contact avec le reste du monde, celui des vivants, n'est pas totalement rompu: la mystérieuse docteur S apporte des nouvelles médicales à ces pensionnaires bien particuliers, et on peut entendre les conversations autour du lit d'hôpital en retrouvant sa chambre d'hôtel.

Alors évidemment, cela pourrait être étouffant, pesant, mais c'est sans compter les subtiles touches d'ironie et de légèreté qui permettent de respirer, une vraie réflexion sur la vie et sur le "don" de l'existence, souvent menée par le Docteur S derrière laquelle on voit poindre l'écrivain-philosophe. La mort est-elle toujours juste? Pourquoi certains retournent-ils sur terre contre toute attente, alors que des personnes que l'on juge moralement meilleures meurent trop tôt? C'est au milieu de ces questionnements métaphysiques, dans ce lieu où les douleurs des malades disparaissent, où le corps retrouve sa liberté de mouvement, que naît même une histoire d'amour, un des plus jolis moments de la pièce à mon goût.

 

Ce très beau texte est sublimé par la parfaite diction des acteurs et une mise en scène plein de trouvailles, dans un décor futuriste où les lumières ont un vrai rôle, rajoutant à l'angoisse du spectateur. C'est ce va-et-vient entre angoisse, émotion, réflexion et humour, avec des personnages si attachants, qui fournit les ingrédients d'une pièce totalement réussie, avec un plateau d'acteurs vraiment exceptionnels et donnant à la pièce toute sa profondeur. J'y repense d'ailleurs depuis, quand je croise un ascenseur, et parce que toutes les jolies réflexions de la pièce continuent à me "hanter", particulièrement l'histoire émouvante du Mage Radjapour... mais je ne vous en dis pas plus.

Hôtel des deux mondes

De Eric-Emmanuel SCHMITT
Mise en Scène Anne BOURGEOIS
Avec par ordre d'apparition en scène : Davy SARDOU, Jean-Paul FARRE, Jean-Jacques MOREAU, Michèle GARCIA, Odile COHEN, Noémie ELBAZ, Günther VANSEVEREN, Roxane LE TEXIER

DEPUIS LE 19 JANVIER 2017
Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Réservation ici

 

Merci infiniment au Théâtre Rive Gauche pour cette nouvelle invitation :)

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Peau neuve, le nouveau spectacle plein de grâce de Lili Cros & Thierry Chazelle

2 Février 2017, 22:00pm

Publié par Claire

Il y a des jours comme ce jour de janvier où tout paraît banal et pourtant... Ce soir-là, il y avait une grande tempête sur Paris, et tout se soulevait dans les rues de Montmartre, une météo un peu exceptionnelle et originale. Une très belle promenade dans les rues, comme si on était au bord de la mer, la découverte d'une nouvelle salle, le Ciné XIII théâtre, au très joli style Art Déco mais aussi aux très confortables fauteuils puis... un spectacle lui aussi original, hors du temps, plein de grâce et de poésie, mais de joie aussi. Et voilà comment une journée apparemment normale se termine en une soirée mémorable, grâce à la gentillesse des artistes qui ont ensuite discuté longuement avec nous - je suis d'ailleurs repartie avec un CD dédicacé!

Peau neuve, le nouveau spectacle plein de grâce de Lili Cros & Thierry Chazelle

Lili Cross et Thierry Chazelle, c'est tout d'abord une complicité incroyable, palpable du public, et un grand bonheur à partager; la voix cristalline de Lili qui se mélange à la voix grave et à l'humour de Thierry qui joue plusieurs instruments différents durant le spectacle et possède une impressionnante collection de guitares. Mais ce sont aussi des chansons aux paroles très travaillées, tantôt drôles, très drôles, poétiques ou mélancoliques, où il est souvent question d'amour mais pas seulement... Le tout dans une véritable mise en scène, très travaillée, grâce au travail de Fred Radix et François Pilon. 

Un spectacle à découvrir absolument pour ressortir plein d'énergie et d'optimisme! Quant à moi, je compte bien retourner dans cette salle que j'ai trouvée très chaleureuse.

Peau neuve, au Ciné XIII Théâtre jusqu'au 26 février 2017

Réservation ici

 

Merci à eux pour l'invitation :)

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Petit Pays de Gaël Faye: un vrai coup de cœur

10 Janvier 2017, 21:52pm

Publié par Claire

Il y a quelques semaines j'ai participé aux Matchs de la Rentrée Littéraire organisé par Price Minister Rakuten. Le principe? Des blogueurs littéraires font une première sélection de livres, puis on en reçoit un à chroniquer sur un support imposé, pour moi Instagram. J'ai appris hier que ma critique avait été sélectionnée comme "gagnante", si l'on peut dire, concernant Petit Pays. Ce n'est pas pour cela que je publie un article car j'ai adoré les autres contributions sur Instagram et que j'ai été surprise de gagner, mais c'est surtout que cela m'a donné envie de vous faire partager cette lecture coup de coeur. Parce que finalement, ce match de la rentrée littéraire était fondé avant tout sur le partage et que j'ai aimé cette pré-sélection des blogueurs spécialisés et échanger avec eux sur les réseaux sociaux. Et je me suis dit que comme j'utilise finalement peu Instagram, c'était dommage de ne pas faire figurer sur mon blog ce roman qui m'a joliment accompagnée durant mes vacances...

Au début, cela ne m'a pas semblé facile de donner mon avis sur Instagram, car j'étais très habituée au format blog, et puis... je me suis prise au jeu. Alors évidemment, il y a de nombreux # ! Allez, je vous montre le résultat? :)

Petit Pays de Gaël Faye: un vrai coup de cœur

#PetitPays, émouvant et passionnant premier roman de Gaël Faye. L'histoire de Gabriel, dix ans, qui vit au Burundi, avec son père français et sa mère rwandaise, en 1992. Le passage d'une enfance douce et joyeuse à une série de drames. #guerrecivile #rwanda . Quelques passages assez drôles, dont la correspondance de Gabriel /Gaby avec la jeune écolière française Laure qui permettent de "respirer" un peu dans toute cette gravité. Des moments de fête malgré tout, des moments de joie, des instants de la vie quotidienne, mais toujours cette violence en fond, qui gagne même les enfants. Un témoignage très poignant. Un beau moment de lecture! (Les petites figurines Lego représentent des objets et moments importants du livre, comme le vélo rouge de Gabriel ou la naissance de sa nièce en plein génocide. J'ai recopié quelques passages qui montrent la dichotomie constante dans laquelle est plongé Gabriel malgré lui. Et enfin oui, cela fait déjà 7 personnes que je croise avec ce livre en main, autant d'envies de conversation! 😊) #burundi #enfance #guerre #poésie #petitpays #gaëlfaye #MRL16 Merc i#priceminister de cette jolie découverte qui m'a fait voyager! 🌍v

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Rencontre avec Alain Rey à l'occasion de la sortie de la nouvelle édition de son Dictionnaire Historique de la Langue Française

30 Novembre 2016, 23:13pm

Publié par Claire

Il y a quelques jours, j'ai été conviée, avec d'autres blogueurs, à une rencontre avec le grand Alain Rey. Et cette rencontre avait lieu dans un très joli lieu, grâce à la complicité du Centre des Monuments Nationaux: à l'hôtel de Sully! 

Seule photo rescapée de ma panne d'ordinateur... Les autres photos de cet article m'ont été envoyées par les éditions Le Robert, merci à eux d'être venus à la rescousse.

Seule photo rescapée de ma panne d'ordinateur... Les autres photos de cet article m'ont été envoyées par les éditions Le Robert, merci à eux d'être venus à la rescousse.

Si nous étions conviés à rencontrer ce grand homme de la littérature, cet amoureux des mots (et un peu notre gardien de la langue française face aux anglicismes), c'est qu'il y avait une très belle raison: la sortie de la nouvelle édition de son Dictionnaire Historique de la Langue Française. Ce dictionnaire, je le connais depuis des années, est absolument passionnant. Il nous dévoile l'histoire des mots, et comme le dit si bien Alain Rey, se lit comme un roman ("Chaque mot raconte une histoire, souvent romanesque et pittoresque, toujours révélatrice"). Ouvrir ce dictionnaire, c'est parfois, j'en suis témoin, passer des heures à naviguer d'un mot à un autre parce que l'on est curieux de tout, ébahis de cette histoire pas comme les autres qui nous amène à avoir un autre regard sur notre langue, une véritable "visite guidée" comme le dit si bien Alain Rey ("Décrire et explorer les mots de la langue française, c'est un peu faire une visite guidée d'une ville ou d'un pays riche de son histoire, avec de grands monuments anciens, certains délaissés et déserts, d'autres fréquentés, avec aussi des bâtiments modestes mais pleins de vie, des terrains vagues, des ruines, des chantiers...").

Les nouveautés de cette édition...

Il faut savoir que la première édition, fruit d'un travail passionné de plusieurs linguistes, date de 1992; elle comportait déjà deux volumes. Il y a eu plusieurs rééditions, bien sûr, mais celle-ci comporte une nette augmentation du nombre de mots expliqués et s'est enrichie de l'apport du site Gallica (BNF), donnant un nouvel éclairage à l'histoire de notre langue.Parmi les mots nouveaux, comme nous l'explique Alain Rey ce soir-là, il y a beaucoup de régionalismes et de mots issus de la francophonie: s'épivarder, écrapoutir, ambianceur, bobettes... Côté gastronomie, on retrouvera les mots bento, gianduja (j'en ai l'eau à la bouche), matcha, boulgour, bo bun... Je suis certaine que vous êtes curieux de connaître les nouveautés côté mots familiers: on a baltringue, boloss, foutraque... Et évidemment, le dictionnaire s'adapte à l'évolution de notre société et on y trouvera hashtag, Facebook, bug, et je vous rassure, blog, blogueur, blogosphère...

Crédit photo: Editions Le Robert

Crédit photo: Editions Le Robert

Crédit photo: Editions Le Robert

Crédit photo: Editions Le Robert

Crédit photo: Editions Le Robert

Crédit photo: Editions Le Robert

... et tout ce que nous a appris Alain Rey ce soir-là

Il y avait quelque chose d'extraordinaire dans cette rencontre: cette volonté de transmettre, cette humilité malgré tout le recul et la connaissance qu'a Alain Rey de notre langue. Oui, il nous a parlé de son ouvrage, non sans émotion, mais il nous a aussi transmis tant de choses, tant de petits trésors de l'histoire des mots et un point de vue général sur l'histoire de la langue française... Difficile de tout raconter ici malgré ma dizaine de pages de notes!

Il a commencé par un large panorama de l'histoire du français, rappelant que "l'étymologie sert à établir des liens perdus dans le langage courant", car les langues ont une épaisseur. Or  aujourd'hui, rappelle-t-il, nous vivons dans un monde où l'information circule par des électrons, et nous avons à notre disposition un capital de mémoire infini: ce changement de société est comparable à l'invention de l'écriture! Cette écriture, elle a changé la langue parlée, car la langue parlée sans écriture fonctionne différemment. Le sumérien est ainsi la première langue notée massivement (bien qu'il y ait eu des tentatives pendant la Préhistoire). L'écriture apparaît pour des raisons financières: on a besoin de concepts pour compter la marchandise. Les langues s'organisent aussi autour des fonctions politiques... et du mensonge, elles peuvent servir à manipuler l'humain. Les animaux n'arrivent jamais à cette puissance d'organisation des choses par la langue.

La grammaire, elle, évolue beaucoup moins vite que les mots, elle est beaucoup plus intime. Elle est le signe de l'existence d'une communauté, d'une certaine vision du monde exaltée par la réalité politique. 

L'exemple de la Grèce au Vème siècle avant J.-C. montre la possibilité d'exploitation d'une langue qui était au début seulement un dialecte, le dialecte athénien, et qui a pris le pouvoir sur les autres, comme l'idiome de l'ïle-de-France des siècles plus tard.

Le français, lui, est une langue double (Alain Rey cite Baudelaire: "Je suis la plaie et le couteau!"). Il a subi les assauts d'une autre langue, mais pour réussir, il doit faire du mal aux langues voisines. Le gaulois, lui, a disparu car il n'était pas écrit et était au contact justement d'une langue écrite.

"Le français n'est jamais qu'un créole du latin", en ce sens qu'il emprunte des éléments à plusieurs langues et en fait une nouvelle langue. Il a conservé très peu de mots de source germanique, mais il y a quelques mots inattendus, comme le mot terroir. 

Les langues doivent toujours décrire des réalités nouvelles, intégrer des concepts nouveaux et les nommer (ainsi, le mot atome désigne à la base ce qui est insécable... ce qui n'est donc plus valable!). Alain Rey nous cite le mot computer, signifiant machine à compter si l'on cherche dans ses racines latines. Or, en français nous disons un ordinateur, une machine qui met en ordre: la conception est différente! Malheureusement, aujourd'hui, on a perdu cette aptitude des langues européennes à réagir aux influences mondiales. Le problème qui se pose aujourd'hui pour le français est d'être capable d'exprimer le monde sans perdre son esprit.

Puis pour finir, Alain Rey nous a fait voyager de mot en mot... Nous avons par exemple appris que l'étymologie du mot rose ne s'arrêtait pas au mot rosa en latin... Car les latins eux-mêmes percevaient ce mot comme venant du persan. Il nous a fait part aussi d'une étrange découverte lors de ses pérégrinations sur le site Gallica: le mot pare-brise, aujourd'hui utilisé pour les voitures, désignait avant un des ornements de la femme pour protéger leur toilette et leur maquillage du vent... Mais pour en savoir plus, il faudra ouvrir cette nouvelle édition! :)

 

 

Nouvelle édition du Dictionnaire Historique de la Langue Française, Le Robert

 

 

Depuis le 20 octobre 2016

Prix: 109€ - Coffret de 2 volumes - Disponible également sur Iphone et sur Ipad (Prix de lancement: 49.99€)

 

 

Merci beaucoup aux éditions Le Robert pour cette rencontre que je ne suis pas prête d'oublier!

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Coup de cœur pour Culottées de Pénélope Bagieu

26 Novembre 2016, 21:46pm

Publié par Claire

Il y a quelques semaines, en flânant dans une de mes librairies préférées, un livre a tout de suite attiré mon attention par sa jolie couverture : Culottées - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, une bande-dessinée de Pénélope Bagieu dont j'avais déjà adoré les BD il y a quelques années (dont bien sûr Ma vie est tout à fait fascinante). Ce très bel album nous présente "quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin", déjà parus sur le blog de la dessinatrice.

Coup de cœur pour Culottées de Pénélope Bagieu

Cette galerie de portraits nous présente des femmes toutes exceptionnelles et pas forcément connues, et c'est justement ce que j'ai aimé dans cet album: en alternant humour et émotion, Pénélope Bagieu met en avant des femmes au destin pas comme les autres parce qu'elles ont osé, parce qu'elles ont mené certains combats jusqu'au bout, menant parfois à la mort. Des destins parfois tragiques, comme les soeurs Mariposas qui se sont opposées à la dictature en République Dominicaine, étonnants, comme Giorgina Reid qui a mis toute son énergie à préserver un phare face à l'érosion, ou émouvants, comme lui de Leymah Gbowee qui a reçu un Prix Nobel de la Paix en 2011. On sent qu'il y a derrière un véritable travail documentaire, et j'ai appris beaucoup de faits historique en lisant cette galerie originale de portraits.

La bonne nouvelle, c'est que le deuxième tome, comportant 15 autres portraits, paraît très bientôt: le 26 janvier 2017, avec une couverture verte cette fois-ci...

 

 

Culottées, Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent de Pénélope Bagieu - Volume 1

Paru le 22 septembre 2016, Volume 2 à paraître le 26 janvier 2017

Gallimard - 19,5 €

 

 

 

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Les Divalala au Théâtre Trévise: un trio (d)étonnant!

25 Novembre 2016, 22:15pm

Publié par Claire

Retour au Théâtre Trévise après y avoir beaucoup aimé Carmen à tout prix l'an dernier... Cette fois-ci, toujours dans le domaine du chant, place à un dynamique trio de jeunes femmes, Les Divalala, qui revisitent avec brio quelques célèbres tubes de variété pour leur nouveau spectacle Femme, Femme, Femme, après le succès de Chansons d'amour traficotées.

Les Divalala au Théâtre Trévise: un trio (d)étonnant!

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces trois pétillantes jeunes femmes, Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens et Marion Lépine multiplient les talents musicaux. Non contentes de chanter a cappella, à trois voix bien sûr, ce qui est en soit une performance, elles semblent s'amuser sur scène à expérimenter l'univers sonore, entre percussions de toutes sortes, bruitages, instruments... Il y a une véritable mise en scène, souvent drôle, décalée, parfois poétique, teintée d'une certaine mélancolie. J'ai adoré la reprise de Stromae ("Tous les mêmes"), impressionnante d'un point de vue musical. Même si les transitions théâtralisées, non chantées, me semblent parfois en trop - mais permettent je pense aux chanteuses de reprendre leur souffle -, j'ai été absolument ébahie devant cette véritable performance vocale et la joie de vivre visible de ces trois chanteuses pas comme les autres. A ne pas rater!

Femme, Femme, Femme, au Théâtre Trévise jusqu'au 6 mars 2017

Tous les lundis à 19h30

Avec Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens et Marion Lépine

Mise en scène de Freddy Viau, direction musicale de Raphaël Callandreau

Merci aux Divalala pour leur invitation :)

 

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Rencontre avec Fanny Cottençon, Sam Karmann et Jean-Luc Moreau au Théâtre Rive Gauche

12 Novembre 2016, 22:29pm

Publié par Claire

Si vous prenez le métro, vous n'avez sans doute pas raté les affiches de Petit Crimes Conjugaux, que vous pouvez retrouver au Théâtre Rive Gauche depuis le 29 septembre 2016. Rappelez-vous, je suis allée voir la pièce il y a quelques semaines... Eh bien, avec quelques blogueurs, nous avons eu la chance mercredi de rencontrer Fanny Cottençon et Sam Karmann, ainsi que leur metteur en scène, Jean-Luc Moreau. Et pour l'occasion, ils se sont assis dans le décor, puisque la pièce allait être jouée juste après, toujours aussi impressionnant et minutieux. J'en ai regardé attentivement tous les détails!

Voici donc un petit compte-rendu de ce trio bien joyeux ce soir-là!

Le choix du rôle

Pour Fanny Cottençon, c'est d'abord le texte et son écriture qui l'ont convaincue. L'écriture est forte, exigeante, lyrique. Pour Sam Karmann, qui a pratiqué beaucoup de rôles classiques, il a retrouvé là la même exigence d'interprétation, imposant d'être rigoureux et souple. 

La mise en scène

Jean-Luc Moreau nous explique que la mise en scène de cette pièce est très difficile, puisque les styles d'écriture sont très variés, "comme une boîte qu'on ouvrirait avec plein de choses à l'intérieur." "Schmitt est fondamentalement un intellectuel, docteur en philosophie. Sa pièce met en scène les sentiments, manipule les concepts, jongle avec eux." Elle est "redoutablement intelligente". Le travail de mise en scène, c'est en quelque sorte retirer un peu de cette intelligence, de ce raisonnement intellectuel car le théâtre doit être le lieu de la sensation, de ce qui se passe entre le public et les acteurs, et entre les acteurs eux-mêmes. La mise en scène s'est alors attachée à trouver une symbolique dans le mouvement pour montrer "ce qu'émotionnellement on veut libérer", et à raconter au public "une histoire au plus près du texte et de la nature des acteurs".

Rencontre avec Fanny Cottençon, Sam Karmann et Jean-Luc Moreau au Théâtre Rive Gauche

Le texte

Sam Karmann nous précise que le texte propose "une vision terrible du couple": dans la pièce, il a "deux cerveaux, le moderne et l'archaïque". Il raconte son bonheur de jouer ce texte, même s'il n'est pas d'accord avec ce que Gilles, le personnage qu'il incarne, a écrit dans son livre Petits Crimes conjugaux à propos du couple qui serait "un long chemin vers la mort." Il faut jouer la pièce "avec une totale émotion, à vif." Pour Fanny Cottençon, le texte est "très littéraire, il est à vivre de l'intérieur."

Le décor

Sam Karmann aime beaucoup ce décor, son côté anglo-saxon qui "marche avec le polar." 

Et malheureusement, c'était déjà la fin de la rencontre puisque la pièce allait être donnée une heure après...



Toutes les informations pratiques se trouvent sur le site du Théâtre Rive Gauche.

 

Petits Crimes Conjugaux, au Théâtre Rive Gauche 


Avec Fanny Cottençon et Sam Karmann
Mise en scène de Jean-Luc Moreau


Pour voir la bande-annonce, c'est ici


Depuis le 29 septembre 2016
Du mardi au samedi à 21h
Matinée le dimanche à 15h
De 27€ à 45€

Merci  à l'équipe du Théâtre Rive Gauche pour l'invitation. :)

 

 

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La Peur de Stefan Zweig au Théâtre Michel: une pièce bouleversante

8 Novembre 2016, 13:09pm

Publié par Claire

Voici une première fois en tant que spectatrice au Théâtre Michel dont je me souviendrai... En arrivant, j'ai déjà adoré l'ambiance du théâtre, et j'étais déjà très impatiente à l'idée de découvrir une pièce de Zweig, un auteur dont j'apprécie particulièrement l'univers. Mais j'en suis repartie absolument ébahie devant cette prouesse théâtrale!

La Peur de Stefan Zweig au Théâtre Michel: une pièce bouleversante

La Peur est une nouvelle de Stefan Zweig qui porte parfaitement son nom: Irène est une trentenaire bourgeoise qui trompe son mari. Mais un jour, elle rencontre une femme très étrange qui commence à opérer un véritable chantage psychologique, menaçant de tout révéler à Fritz, le mari d'Irène (avocat), si elle ne reçoit pas toujours plus d'argent. Car c'est bien ici la psychologie des personnages qui est explorée et tout les mécanismes de la peur. Qui est cette étrange femme qui apparaît dans l'univers d'Irène, parfois réelle, parfois fantôme?

J'ai trouvé la mise en scène (d'Elodie Menant), inspirée de Fenêtre sur Cour d'Hitchcock, très inventive et particulièrement représentative de cette peur: le décor d'appartement bourgeois, sur roulettes, se referme petit à petit sur les personnages, regorge d'ombres, de cachettes et montre spatialement le piège psychologique qui se referme sur Irène. Je dois vous dire que cette peur, je l'ai vraiment ressentie, j'en ai eu des frissons... aussi provoqués par le jeu des acteurs, extraordinaire. Vraiment, les trois comédiens incarnent parfaitement leur personnage et on est littéralement transportés par cette histoire: comme Irène (Hélène Degy), on a peur, très peur de ce fantôme (Ophélie Marsaud) qui la ferait presque sombrer dans la folie et qui occupe parfois son espace vital, venant parfois interrompre ses conversations avec Fritz (Aliocha Ivotich). J'avoue avoir été totalement subjuguée par ce trio, et j'ai été tellement enthousiaste que j'ai très envie de retourner voir la pièce. Et tant pis si cela me fait si peur!

Crédit photo Karine Letellier

Crédit photo Karine Letellier

La Peur, d'après Stefan Zweig

Au Théâtre Michel depuis le 7 octobre 2016

Mise en scène: Elodie Menant

Avec Hélène Degy, Aliocha Itovich, Ophélie Marsaud

Décor: Olivier Defrocourt

Le jeudi, le vendredi, le dimanche à 19h

Le samedi à 19h15

Tarifs: de 18 à 29€

 

Merci au Théâtre Michel pour les invitations :)

Bande-annonce du spectacle

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Petits Crimes Conjugaux au Théâtre Rive Gauche

15 Octobre 2016, 19:00pm

Publié par Claire

On retrouve notre cher Théâtre Rive Gauche pour une autre pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt, dans un tout autre registre que Le Chien, qui nous fait rentrer dans les secrets et non-dits d'un couple. Gilles, auteur de romans policiers, est victime d'un accident dont on ne cerne pas tout de suite clairement l'origine. Amnésique, il revient chez lui et retrouve sa femme, Lisa, qu'il vouvoie d'abord car elle lui semble étrangère. Tout l'appartement est resté en l'état, et Gilles observe comme dans un musée les traces de son ancienne vie... enfin telle que Lisa choisit de lui présenter, car on se rend vite compte d'une certaine gêne trahissant des mensonges : un vieux fauteuil de cuir usé, des romans par centaines, des tableaux, le bureau de bois verni, et puis ces fameuses théories que Gilles avaient sur la vie. Et ces théories, assez cyniques et sombres, on les retrouve dans un des livres de Gilles, une sorte d'essai sur la vie des couples : Petits Crimes Conjugaux, un livre que déteste absolument Lisa, peut-être parce qu'il est trop le reflet de leur propre couple. Les deux personnages mentent, déconstruisent, se disputent... Fanny Cottençon et Sam Karmann montrent bien cette fragilité du couple, alternant colère, désarroi et parfois humour...
 

Petits Crimes Conjugaux au Théâtre Rive Gauche

A titre personnel, bien qu'adorant lire (et surtout écouter) les textes d'Eric-Emmanuel Schmitt, je dois bien avouer que ce n'est pas mon texte préféré, car je l'ai trouvé très sombre et cynique, ne reconnaissant pas toujours l'enchantement et la positivité des nouvelles et romans de l'auteur (même s'il précise dans sa note de présentation que c'est finalement une vision positive de l'amour sur le long terme: "Il existe des milliers de pièces sur l’amour qui commence, des centaines sur l’amour qui finit, mais fort peu sur l’amour qui dure. Il semblerait que le théâtre n’accepte les amants que débutants ou retraités. Les rares exceptions n’incitent guère à l’optimisme car lorsque Feydeau, Strindberg ou Ionesco nous dessinent des conjugalités à long terme, s’il y a toujours couple, il n’y a plus d’amour. Or, par expérience personnelle, il m’est apparu que le couple stable se révèle le voyage le plus risqué, le plus dangereux qu’on puisse faire en amour. [...] La crise qui occupe la nuit de Petits Crimes Conjugaux montre le rôle bénéfique de l’échange. À travers des paroles, des ruses, voire des coups, les deux protagonistes recommencent à prendre soin d’eux. Déjà que toute chose se dégrade naturellement, quelle accélération dans la dégringolade lorsque s’y ajoute la négligence… Aussi cruelle soit-elle, ma pièce affirme un réel optimisme : l’amour peut durer. Mais pour que l’amour dure, il faut que les amants le veuillent.  [...] En achevant Petits Crimes Conjugaux, j’ai eu l’impression d’entrevoir une réponse : et si l’amour commençait une fois qu’on n’est plus amoureux ?")

En revanche, au-delà du message délivré auquel je n'ai pas entièrement adhéré, j'ai beaucoup aimé le jeu des acteurs, visiblement complices, dans un décor très travaillé, permettant littéralement de se projeter dans l'appartement de ce couple, à la manière de Gilles y redécouvrant des détails... La mise en scène est très dynamique et cela reste un plaisir de découvrir cette pièce !

Petits Crimes Conjugaux, au Théâtre Rive Gauche 


Avec Fanny Cottençon et Sam Karmann
Mise en scène de Jean-Luc Moreau


Pour voir la bande-annonce, c'est ici


Depuis le 29 septembre 2016
Du mardi au samedi à 21h
Matinée le dimanche à 15h
De 27€ à 45€

Merci au Théâtre Rive Gauche pour les invitations :)

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